6 questions à Charline Picon, championne olympique

Charline Picon est véliplanchiste. Championne d’Europe en 2013, 2014, 2016, championne du monde en 2014, et médaillée d’or aux jeux olympiques de Rio en 2016. Elle affiche un magnifique palmarès dans un sport cependant peu médiatisé. Jeune maman depuis quelques mois, Charline est une consommatrice de produits sains et bio. Nous en profitons pour lui poser quelques questions.

  • Bonjour Charline et merci de bien vouloir nous accorder un peu de votre temps. En tant que championne du monde et championne olympique, quel est votre régime alimentaire ? Est-ce qu’une sportive professionnelle a le même régime en compétition et hors compétition ?

Pour préparer les jeux j’avais un suivi un programme alimentaire avec une micro nutritionniste pour éviter les erreurs et optimiser mon état de forme. Je n’ai pas de régime spécial suivant la mode du sans gluten par exemple, ou du sans laitage, car je n’ai pas d’intolérance. Par contre, il est vrai qu’ avec le stress et le sport juste avant un effort, on limite le gluten pour mieux digérer, principalement dans les heures précédant l’effort… En fait, je mange de tout sans tomber dans l’extrême, dans un sens ou dans l’autre. J’adapte en fonction des besoins du moment et j’essaye de varier mon alimentation pour avoir un bon apport en tout.

Pendant les compétitions les petits déjeuners sont très importants et c’est aussi mon repas préféré !!! Parfois on part sur l’eau dès 10 heures et on peut rentrer autour de 16 heures… Sur l’eau on a des boissons isotoniques, des compotes, pour ma part, j’utilise les produits Effinov (moelleux aux amandes) pour que ça se digère vite entre 2 courses. Du coup, je fait un bon repas en rentrant des courses afin de recharger les batteries rapidement, sachant qu’une compétition c’est 5 jours de suite avec 3 courses de 30 min chaque jour à des intensités plutôt élevées…

Lors de ma grossesse je n’ai pas fait de gros craquages, et j’ai gardé une alimentation saine. Je privilégie aussi les petits producteurs locaux et le bio pour avoir des aliments de qualité …

 

  • Une recette à partager avec nous ?

J’aime bien faire des soupes, des smoothies, et depuis peu j’y ajoute des supers aliments pour booster un peu la jeune maman au sommeil encore bien perturbé 😉

 

  • Vous êtes dorénavant jeune maman, quelles sont vos préoccupations vis-à-vis de bébé ?

C’est vrai qu’on entend beaucoup de choses, notamment le scandale des produits dans les couches… alors j’ai opté pour les couches françaises saines, qui respectent les bébés et leur peau si fragile ! Pour l’alimentation c’est vrai que je vais plutôt me diriger vers le bio ou faire mes petits pots moi même avec les produits sélectionnés.

  • Quelles recommandations pour les mamans sportives ?

Pendant une grossesse, il est possible de rester active !!! Personnellement, j’’ai beaucoup marché : près de 8/10 km par jour, et ce jusqu’au dernier jour… et parfois quelques bords en planche à voile, mais là il faut être sure de soi, et parfois du Stand up paddle, ainsi que du yoga prénatal : une belle découverte… L’essentiel est d’écouter son corps, son niveau de fatigue, car les débuts sont difficiles, et aussi de faire attention à son périnée, même si les premiers mois sont tranquilles. Après ma césarienne, j’étais debout dans les 3 heures qui ont suivi, et j’essayais de marcher un peu tous les jours. 4 jours après être rentrée à la maison, je sortais marcher avec Lou pour prendre l’air. J’ai repris le sport 3 mois plus tard, à l’envie, et sur des activités cool … C’est surtout une question d’organisation avec bébé, car les premiers mois sont extrêmement prenants !!!

 

  • Envisagez-vous de reprendre la compétition ?

Oui, c’est prévu pour fin avril ! Et l’objectif est de repartir à l’assaut du Mont Olympe, avec en ligne de mire la remise en jeu ma médaille à Tokyo en 2020 !

 

  • Quelles sont les difficultés liées au fait de vivre d’un sport peu médiatisé ?

La difficulté majeure reste de trouver des partenaires financiers !!! Heureusement je suis soutenue par la marine nationale et le bataillon de Joinville, ce qui me permet d’avoir un salaire et de vivre de mon sport. J’ai beaucoup de chance d’avoir ce contrat, et qu’il ait perduré pendant ma grossesse !!! Ensuite j’ai des partenaires qui ont joué le jeu même sur 2017, période où je n’ai pas fait de compétitions, alors que d’autres ont cessé de me soutenir à l’annonce de ma grossesse.

Le budget pour une saison avec un bébé s’annonce un peu plus élevé, et je cherche encore des fonds pour être sereine dans ce défi Tokyo 2020… Afin de trouver un équilibre en tant que maman et sportive, je souhaite que Lou me suive sur mes déplacements longs (environ 3/4 par saison), car je n’envisage pas de passer 3 semaines sans ma petite merveille, et évidemment cela a un coût : un logement, le déplacement de mes parents ou d’une nounou pour garder Lou, c’est à mes frais…

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