Antennes-relais, quels dangers ?

Réveils fréquents, difficultés pour se rendormir, insomnies… Voici quelques-uns des symptômes décrits par les personnes dites "électro-sensibles" vivant à proximité d’une antenne-relais. Des affirmations que l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et de l’Université de Picardie Jules-Verne (UPJV) ont cherché à vérifier. Parue en avril dernier dans la revue Environmental Science and Pollution Research, leur étude, réalisée sur des rats, montre des effets biologiques des radiofréquences sur la régulation thermique, le comportement alimentaire et le sommeil.

Ainsi, les rapports se suivent et se ressemblent. Tous pointent le risque de la surexposition aux ondes électromagnétiques. Le rapport Bionitiative, publié début janvier, a examiné 1 800 nouvelles études scientifiques montrant que les ondes électromagnétiques pouvaient altérer la santé des utilisateurs de téléphones portables, des futurs parents, des jeunes enfants ou encore des femmes enceintes. Risque de tumeur maligne du cerveau, risque pour les spermatozoïdes des hommes, risque d’autisme pour les enfants à naître, risque pour le développement cérébral du fœtus… La liste est longue et inquiétante.

Si l’Organisation mondiale de la santé a classé en 2011 les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes, les opérateurs de téléphonie mobile s’appuient sur un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), datant de 2009, pour écarter tout danger. En janvier dernier, les députés écologistes avaient dénoncé un «enterrement» d’une proposition de loi, rédigée par leurs soins, visant à réduire l’exposition aux ondes. Un avis partagé par l’Association Santé Environnement France. « A nos yeux le plus important était la régulation de l’implantation des antennes relais, ce qui a été supprimé», explique le Dr Halimi, qui a à cœur de défendre les locataires des HLM où pullulent les antennes. 

Dernier rebondissement en date : dans un rapport remis cet été au gouvernement, un comité d’experts estime qu’il faut tripler le nombre d’antennes-relais dans certaines villes si l’on veut réduire les ondes sans perdre en qualité de téléphonie mobile. Un constat qui semble paradoxal au premier abord, mais qui est pourtant logique: pour réduire l’exposition aux ondes, il faudrait abaisser la puissance des antennes-relais, et donc multiplier le nombre de ces dernières sur les toits si l’on veut conserver la même qualité de téléphonie mobile.

Crédit photo : © Gilles Paire – Fotolia.com

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