Bisphénol A : les risques pour la santé confirmés

Le bisphénol A est une substance chimique de synthèse mise en cause, entre autres, dans l’apparition du cancer du sein, de l’obésité, du diabète, mais aussi dans des cas de stérilité. L’Anses a identifié, en France, près d’une soixantaine de secteurs d’activité potentiellement utilisateurs de cette substance. Ses travaux sur les usages et les effets sanitaires du bisphénol A l’ont conduit à recommander en septembre 2011 une réduction des expositions de la population, notamment par sa substitution dans les matériaux au contact des denrées alimentaires.

Après avoir suspendu la commercialisation des biberons au Bisphénol A, le Parlement a ainsi adopté en décembre 2012 une loi visant à la suspension de la fabrication, de l’importation, de l’exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A. L’Anses a aussi proposé, au niveau européen dans le cadre de la réglementation REACh en 2012, un classement plus sévère du bisphénol A en tant que toxique pour la reproduction.

En avril 2013, l’Agence a publié les résultats de l’évaluation des risques de cette substance. Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une expertise collective, pluridisciplinaire et contradictoire, par un groupe de travail spécifiquement dédié aux perturbateurs endocriniens. Il s’est basé sur une revue de toutes les études disponibles au plan international et sur le résultat de campagnes de mesure diligentées par l’Agence sur la présence de bisphénol A dans les différents milieux auxquels la population peut être exposée. 

Résultat des courses : les effets sanitaires du bisphénol A sont confirmés, en particulier pour la femme enceinte au regard des risques potentiels pour l’enfant à naître. Il prend en compte, pour la première fois, une estimation des expositions réelles de la population au bisphénol A par voie alimentaire, mais aussi par inhalation (via l’air ambiant) et par voie cutanée (au contact de produits de consommation). L’alimentation contribue à plus de 80% de l’exposition. A eux seuls, les produits conditionnés en boîtes de conserve représentent environ 50% de l’exposition alimentaire totale. L’Agence a également identifié l’eau distribuée en bonbonnes de polycarbonate comme une source conséquente d’exposition au bisphénol A, tout comme la manipulation de papiers thermiques (tickets de caisse, reçus de cartes bancaires, …) en particulier dans un cadre professionnel.

« Aujourd’hui, on se rend compte que beaucoup d’industriels l’ont remplacé par son petit frère le Bisphénol S, regrette explique le Dr Pierre Souvet, Président de l’Association Santé Environnement France (ASEF). Tout aussi suspect, il bénéficie cependant encore de la présomption d’innocence et surtout d’un bien plus grand anonymat. Le bisphénol S a été très peu étudié. Mais les quelques études qui existent ne sont pas rassurantes, et laissent à penser qu’il s’agit également d’un perturbateur endocrinien » De son côté, l’Anses a répertorié 73 alternatives au Bisphénol A. Certaines d’entre elles sont déjà utilisées, d’autres n’en sont encore qu’au stade de recherche et développement. A noter « qu’aucune alternative ne se distingue pour être utilisée pour remplacer tous les usages du bisphénol A ». Et que des interrogations demeurent concernant leur innocuité et leur efficacité technique.

Crédit photo : © gam16 – Fotolia.com 

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