Bruno Anquetil : «L’étincelle du bio est devenue flamme»


Vous êtes à la tête d’une entreprise qui prône le bio. D’où vient cet engagement ?

On ne nait pas avec des engagements. C’est une certaine sensibilité que j’ai toujours eue pour le monde du vivant, élevé dans une ferme, passant ma vie dehors, curieux et émerveillé par la nature. A la fin des années 80, je suis venu en Savoie faire un stage agricole et j’y ai rencontré des gens qui pratiquaient l’agriculture bio. L’étincelle en moi est devenue flamme. J’ai arrêté mes études agricoles et commencé à vendre des produits bio sur les marchés.

Jusqu’au jour où vous commencez à fabriquer votre propre pain…

En Picardie, j’ai repris avec mon beau-frère la construction d’un projet de fournil. C’était un tout petit local avec un petit four en brique où j’ai fait mes premières armes. C’était plus que de l’artisanat ; vraiment authentique et 100 % bio.

Votre engagement va-t-il aussi jusque dans la construction de vos locaux ?
Nous avons deux sites de production : l’un dédié à la chocolaterie et la confiserie, qui était le site historique, et le deuxième de 2 000m², dédié à la biscuiterie et à la boulangerie, dans des bâtiments BBC (norme basse consommation, ndlr) avec des matériaux écologiques : beaucoup de bois, des isolants à base de fibre de bois et de chanvre, des capteurs solaires, de la récupération d’eau de pluie… Nous avons conçu ces bâtiments sur les bases du Feng Shui, travaillé avec un géobiologue pour choisir un environnement propice où les gens puissent s’épanouir et que les produits puissent en profiter.

A l’approche de Pâques les chocolats arrivent en tête de gondole. Les vôtres sont issus du commerce équitable.
Pour tous nos échanges de produits Nord-Sud, comme le sucre, le chocolat, la noix de coco, nous sommes dans des démarches de commerce équitable. Notre cacao vient de Saint-Domingue (République Dominicaine), où nous développons des filières avec des petits producteurs. Nous ne leur achetons pas seulement de la matière, nous avons un projet de développement, en amenant des technologies qui leur procurent une certaine autonomie – des outils pour transformer le cacao, par exemple, et une rémunération qui leur permet d’être complètement indépendants.

Qu’est-ce que votre chocolat a de plus qu’un chocolat traditionnel ?
Il n’y a pas de traitement chimique au niveau de la culture, ni de destruction de la forêt naturelle ! Aujourd’hui, des entreprises pratiquent la déforestation pour créer de grands espaces de production et des cacaotiers qui poussent à découvert. Ça, chez nous, c’est niet !

Crédits photos : ©Belledonne, Lionel Moulet

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