Chauffage: non à la surchauffe!

L’énergie consommée au sein du foyer représente en France le tiers de la consommation énergétique finale et le cinquième des émissions de CO2. Il s’agit donc d’un enjeu majeur des politiques de lutte contre le changement climatique. Comment amener les Français à réduire leur consommation d’énergie domestique ?

La chose n’est pas aisée. Dans une note publiée en février dernier, le Centre d’analyse stratégique (CAS) s’inquiète en effet du doublement de la consommation d’électricité des particuliers depuis les années 1970 *.
La consommation moyenne d’électricité spécifique par superficie est ainsi passée de 13 kWh/m² en 1973 à 30 kWh/m² en 2010. Et ce, malgré les progrès réalisés en matière d’isolation ou encore de performance énergétique des appareils. C’est ce que l’on appelle « l’effet rebond », c’est-à-dire l’annulation des gains de performance énergétique permis par le progrès, du fait d’une utilisation accrue des ressources. Elle peut annuler de 5 % à…  50 % de ces gains ! 
« L’isolation thermique a permis une baisse de plus de 50 % des consommations moyennes de chauffage domestique, souligne le CAS dans sa note. Mais cela n’a pas suffi à diminuer la consommation d’électricité. »

En cause ? Les comportements de consommation : ainsi, plus le logement est récent, plus la température jugée confortable par les habitants est susceptible de dépasser les 20 °C, annulant dès lors tous les bénéfices des économies. « Ce résultat met en évidence le lien entre les performances techniques et les représentations du confort qui est un moteur puissant de l’effet rebond », ajoutent les spécialistes. Par ailleurs, les ménages disposent désormais de plus en plus d’appareils nécessitant d’être branchés.Pour réussir à inverser la tendance, le CAS suggère, entre autres, la mise en place avec les collectivités locales de concours et de récompenses pour les immeubles les plus vertueux. Il est également envisagé d’avertir les personnes qui ont effectué chez elles des travaux d’économies d’énergie de ce qu’elles sont en droit d’attendre, mais aussi d’inciter à la diffusion des bonnes pratiques du voisinage. Outre la rareté à venir des énergies fossiles, le CAS rappelle enfin qu’il s’agit également de lutter contre les émissions de CO2 alors que le gouvernement français s’est engagé à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990.

(*) Note d’analyse 320 de février 2013 : http://www.strategie.gouv.fr/content/limiter-effet-rebond-efficacite-energetique-logement-na320 Cette note, issue d’une collaboration entre le CRÉDOC et le Centre d’analyse stratégique, formule des recommandations pour la poursuite des expérimentations portant sur des incitations comportementales en faveur des économies d’énergie. 

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