COP22, quel bilan ?

« Un jour historique pour la planète », « la vraie justice climatique », « des mesures ambitieuses pour le climat ». Tant d’éloges pour l’accord de Paris, conclu en décembre 2015, à l’issue de la Conférence des parties sur le climat, dit COP21. L’accord, rassemblant 177 membres, qui limite à 2 degrés la hausse des températures mondiales, sera finalement signé en avril 2016, puis ratifié le 4 novembre. Son ambition ne semble pas si facile à atteindre : « Nous ne sommes pas sur la trajectoire des 2 degrés à laquelle tous les pays ont adhéré », déplore le climatologue Jean Jouzel, co-lauréat du prix Nobel de la paix en 2007 avec le GIEC. Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, va plus loin : « L’urgence climatique doit nous pousser à être plus ambitieux », notamment via « une mobilisation politique plus large », selon les mots de Paul Watkinson, chef de l’équipe de négociation sur le climat.

 La COP de l’action ?

De retour de Marrakech, où avait lieu la COP22, Paul Watkinson explique l’ouverture de travaux sur la mise en oeuvre de l’accord de Paris : « Des travaux à mettre en place avec les institutions, pour préparer les règles d’application, d’ici fin 2018 ».

Le chef de l’équipe de négociation sur le climat rappelle également que « les finances ont été un enjeu important » de la COP22. En effet, en 2009, les pays développés s’étaient engagés à verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 aux pays en développement pour faire face aux impacts du changement climatique. Une somme encore loin d’être atteinte, malgré la vulnérabilité de certains pays, souvent les moins émetteurs et les moins développés. « Il faudrait être bien naïf pour penser que tous les pays ont le même intérêt à lutter contre le réchauffement climatique », assure Jean-Paul Chanteguet.

Frémissement après l’élection de Trump

Le souffle de l’élection présidentielle américaine, faisant du climatosceptique Donald Trump le prochain président des États-Unis, a d’ailleurs fait trembler la COP22, avant que les négociations ne reprennent. « Le message de la COP au nouveau président américain est tout simplement celui-ci : nous comptons sur votre pragmatisme et votre esprit d’engagement », a déclaré le président de la COP22, Salaheddine Mezouar.

Photo : UNclimatechange / FlickR

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