Des bébés plus petits à cause de la pollution de l’air

La pollution de l’air a des impacts nocifs sur notre santé, notamment dans l’apparition de plusieurs maladies respiratoires et cardiovasculaires. Une étude internationale, publiée en février dernier dans la revue Environmental Health Perspectives, a également démontré un lien entre le niveau de pollution atmosphérique et le poids des bébés à naître. Selon les données recueillies dans neuf pays, parmi lesquels la France, les États-Unis et le Brésil, plus la concentration de particules fines est élevée dans l’air, plus le risque d’avoir un bébé de petit poids à la naissance est important.

Selon les chercheurs, qui ont pris en compte près de 3 millions de naissances entre la fin des années 1990 et la moitié des années 2000, le risque d’avoir un bébé de moins de 2,5 kg augmente de 10% quand la concentration en particules fines augmente de 10 microgrammes/m3. La limite actuelle est fixée à 25 microgrammes/m3 dans l’Union européenne, contre 12 microgrammes/m3 aux États-Unis. 

Les microparticules incriminées, qui sont en taille inférieures au dixième de l’épaisseur d’un cheveu humain, sont essentiellement issues de l’agriculture, de l’industrie, des transports routiers et du chauffage urbain. Elles peuvent pénétrer les poumons en profondeur, parfois jusqu’aux alvéoles pulmonaires, d’où elles rejoignent la circulation sanguine et atteignent d’autres organes. Elles sont composées de centaines de substances, parmi lesquelles des métaux, des composés organiques ou des molécules cancérigènes.

Les auteurs de l’étude invitent toutefois les futures mères à ne pas s’alarmer. L’effet de la pollution atmosphérique sur le poids à la naissance reste faible au niveau individuel. Il faut rappeler que c’est l’exposition continue et moyenne qui augmente le risque, et non pas les pics de pollution occasionnels. En France, on estime que 2% des bébés nés à terme pèsent moins de 2,5 kg et, parmi ceux-ci, une proportion encore indéterminée est liée aux particules fines. Ces nouveau-nés sont plus fragiles, présentent plus de problèmes de développement et ont un risque accru de souffrir de maladies chroniques à l’âge adulte. 

Cette étude devrait conforter les autorités dans leur décision d’abaisser les taux moyens de particules fines tolérés. L’Union européenne doit réévaluer les siens cette année. Suivra-t-elle les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui les fixe à 10 microgrammes/m3 ? La France s’est engagée en 2010 à réduire le niveau de ces particules de 30% d’ici 2015. Pour cela, le gouvernement a présenté en février dernier « un plan d’urgence », dont l’une des mesures vise à bannir des routes les véhicules les plus polluants lors des pics de pollution. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Spam protection by WP Captcha-Free