Des pesticides interdits retrouvés dans les salades

Boscalid, mandipropamid, oxadiazon… Ces noms ne vous disent rien, pourtant ils figurent sur la liste des 117 résidus de pesticides* pointés du doigt par Générations futures et le laboratoire belge Primoris. Les conclusions de leur étude, menée sur 31 salades achetées dans 5 grandes surfaces de l’Oise et de la Somme, montrent des « résultats préoccupants », selon l’association : seulement six échantillons ne contenaient aucun résidu de pesticides.

Dans chaque salade testée, quatre résidus ont été retrouvés en moyenne ; cinq d’entre elles contenaient même des pesticides interdits en France, comme le DDT, hautement cancérigène. « La présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la salade dans plus de 16% des échantillons testés est inacceptable, a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. Nous attendons une action forte du Gouvernement [pour] faire rapidement cesser cette situation, sur cette culture et sur toutes les autres. »

Deux tiers des salades contenaient des perturbateurs endocriniens
Dans son rapport, l’association s’inquiète aussi de la présence de perturbateurs endocriniens, substances chimiques qui provoquent un dysfonctionnement du système hormonal et peuvent causer des cancers, dans 67,74% des échantillons. Même si les doses relevées sont faibles (les résidus détectés ne dépassent pas les limites maximales autorisées), l’accumulation des pesticides et l’effet « cocktail » (interaction de plusieurs produits chimiques) ne sont pas à négliger ; la toxicité des molécules peut être renforcée. Générations Futures demande donc que le Règlement européen 1107/2009 (interdisant la mise sur le marché des pesticides perturbateurs endocriniens) soit appliqué.

Les fruits et légumes les plus pollués sont aussi les plus consommés
Avec 5 kg par an et par ménage, la salade est le 4ème légume le plus consommé en France (INSEE). Mais elle n’est pas la seule concernée par les pesticides : plusieurs études internationales ont ainsi relevé des traces importantes de produits chimiques dans les fruits et légumes les plus courants. L’ONG environnementale américaine Environmental Working Group (EWG) a établi une liste des produits les plus pollués en 2014 ; il s’agissait des pêches, des pommes, des poivrons, du céleri, des nectarines, des fraises, des tomates cerises, de la laitue, du raisin, des concombres, des petits pois, des pommes de terre, des épinards, des piments et des myrtilles.

Selon EWG, chaque consommateur absorberait chaque jour une dizaine de pesticides différents.

Pour limiter les risques de contamination, plusieurs solutions s’offrent à vous. Tout d’abord, pensez à rincer vos fruits et légumes pour éliminer les pesticides qui restent à la surface. Pour enlever une partie de ceux qui sont absorbés dans les végétaux, vous pouvez aussi les éplucher au risque de perdre les vitamines et minéraux de la peau. Dernière option, acheter biologique ou biodynamique.

*hors ion bromure, fréquemment retrouvé dans les salades à cause de l’utilisation de bromure de méthyl, mais peut également être d’origine naturelle.

Photos : Smileus / fotolia

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