Domaine du Possible, l’école où l’on apprend à être heureux

Quel bilan tirez-vous de cette première année scolaire ? 
La première chose qui nous réjouit est de voir des enfants qui ont eu du bonheur à venir à l’école. Nous avons des journées longues : tout le travail est fait ici, on ne donne pas de devoirs aux élèves, il n’y a plus de stress à la maison, plus de cartable à transporter, sauf s’ils ont envie de montrer leur travail à leurs parents. Ensuite, globalement, les parents qui ont joué le jeu se sont rendu compte que la vitalité de l’enseignement vient répondre à la curiosité, au désir d’apprendre des enfants.

Avez-vous rencontré des difficultés avec certains enfants ?
Nous avons eu une difficulté avec un élève, que nous n’avons pas pu garder : c’était un trop grand changement pour lui. Les plus grands élèves arrivent avec une non-confiance vis-à-vis de l’adulte. Ce qui nous a frappé, c’est la crainte du regard de l’autre : nous avons vu des enfants bloqués, qui n’osaient pas s’exprimer en classe, jusqu’à ce qu’ils puissent se rendre compte qu’on a le droit de se tromper.

A quoi ressemblent vos jours de classe?
Les journées sont structurées, car la répétition des rythmes est très importante. La liberté est dans la façon de se rencontrer. Tous les matins, activité pendant deux heures sur un thème d’apprentissage : mathématiques, français, histoire,… Et nous gardons le même pendant 3 ou 4 semaines. Après, systématiquement, on se réunit pour chanter. Ensuite : des activités, plutôt artistiques ou linguistiques, entre 11h et 13h. Après le repas, des minibus emmènent les enfants pour des activités nature : jardinage, équitation, bricolage ou ateliers sportifs. Du plein air, tous les après-midis. Enfin, c’est ce qu’on appelle entre nous le « compostage » : reprendre le travail de la journée, pour l’intégrer avec les enfants, voir avec eux s’ils y a des exercices à finir, des points à revoir.

La rentrée 2016 approche, combien d’élèves allez-vous accueillir ?
70 enfants viennent rejoindre les 30 qui sont déjà là, avec des classes de la maternelle au niveau seconde. Nous déménageons au domaine de la Volpelière, une ferme entièrement rebâtie, agrandie, transformée par Jean-Paul Capitani [Co-fondateur de l’école, éditeur chez Actes Sud, ndlr]. Les travaux sont encore en cours, mais les enfants auront beaucoup plus d’espace : 120 hectares. 

Photo : Fotolia

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