Energies renouvelables VS nucléaire, David contre Goliath ?

iStock_000013543171XSmall.jpgLa récente défaillance des réacteurs nucléaires de Fukushima au Japon suite au séisme qui a frappé les côtes du pays relance le débat sur le nucléaire. L’évènement pousse à s’interroger, notamment en France, patrie du nucléaire, sur les énergies renouvelables comme remplacement au nucléaire. Pourraient-elles rapidement assurer la relève ?

Les ONG, lors de leur rencontre avec le président Nicolas Sarkosy le 15 mars dernier, réclamaient un « Grenelle de l’Energie ».

Les sources d’énergies renouvelables, classées en cinq grandes familles ; solaire, éolien, hydraulique, géothermie et biomasse, sont propres, sans danger et inépuisables contrairement au nucléaire qui relève de la fission d’atomes et n’est pas toujours stable. Il est donc plus que temps de considérer les énergies renouvelables comme de dignes successeurs du nucléaire.

Elévation de la température au pays du nucléaire : une France plutôt pessimiste

Les ONG, lors de leur rencontre avec le président Nicolas Sarkosy le 15 mars dernier, réclamaient un « Grenelle de l’Energie»

Où en sommes-nous de la substitution du nucléaire par les énergies renouvelables en France ? Son évincement total est-il une utopie ? C’est ce que semble penser l’actuelle ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet qui déclare, suite aux évènements que l’on connait au Japon ; « On ne peut pas fournir tout un pays en électricité uniquement avec des énergies renouvelables ». Voilà qui est optimiste !

Et pourtant, de nombreux scénarios scientifiques comme celui de l’association Négawatt ou encore RE-thinking 2050, par le Conseil européen pour les énergies renouvelables (EREC), certifient que le remplacement total du nucléaire par les énergies renouvelables est réaliste mais qu’il devra être accompagné d’une politique d’économie d’énergie beaucoup plus agressive (réduction de la consommation d’énergie de 40%…)

La France, pays le plus nucléarisé derrière les Etats Unis – 58 réacteurs et 1100 sites renfermant des déchets nucléaires – est aussi l’un des plus mauvais élève de l’UE en matière d’énergie renouvelable : 6% de son énergie seulement provient de sources naturelles. L’éolien et le solaire ne sont pas très développés par rapport à nombre de ses voisins et cela malgré les efforts consentis ces dix dernières années.

Et pourtant le consensus est là, en France, en 2010, 97% des français se déclaraient favorables au développement des énergies renouvelables. (Baromètre annuel de l’ADEME)

Nos voisins allemands, modèles dans le domaine semblent plus optimistes. Leur Agence fédérale pour l’environnement affirme qu’il est possible et réaliste qu’à technologie équivalente, le pays soit approvisionné à 100% en renouvelable d’ici 2050.


Quelle production ? Quelles évolutions ?

 


Windturbines on the ocean A l’heure actuelle, 76% de la production d’électricité en France est assurée par l’énergie nucléaire.
En 2009, la production d’énergie renouvelable était de 19 millions de tep (tonnes équivalent pétrole), soit 14 % de la production d’énergie française.

Contrairement à une idée répandue en France, les énergies renouvelables produisent plus que le nucléaire ; l’hydroélectricité par exemple produit plus que le nucléaire dans le monde.

L’éolien représente un formidable potentiel pour la France qui regorge de sites adaptés mais l’Etat a durci ses conditions d’implantation de fermes éoliennes en 2010, ce qui freine son développement. Les deux filières énergétiques les mieux représentées aujourd’hui en Europe sont la biomasse (66,1 %) et l’hydroélectricité (21,2 %). Suivent l’éolien (6,9 %), la géothermie (4,7 %) et le solaire (1,2 %).
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Part de chaque énergie dans la production d’énergie primaire renouvelable en UE (baromètre EurObserv’ER des deux derniers mois)

Du côté de la recherche, beaucoup d’espoirs sont concentrés sur la mer comme nouveau fournisseur d’énergie : l’énergie marémotrice. Celle-ci se base sur l’utilisation des marées et de leurs courants, de la houle ou de l’énergie thermique des mers.
En 1999, le budget recherche et développement pour les énergies était repartit à 2% pour les énergies renouvelables et 91% pour le nucléaire… dix ans plus tard, on nous annonce que le budget attribué aux energies renouvelables sera bientôt équivalent à celui du nucléaire. Mais aujourd’hui en France, même après le « Grenelle » le budget recherche sur les énergies renouvelables est inférieur au budget communication d’EDF .

Qu’attend-on alors pour se séparer radicalement de l’énergie nucléaire ? Une réelle volonté politique et un financement à la hauteur de l’enjeu ! La transition du nucléaire ne pourra pas être faite du jour au lendemain mais les volontés et efforts doivent être soutenus pour pouvoir l’envisager d’ici 20…50 ?

L’UE a décidé de produire 20 % de son électricité en énergie renouvelable, propre et sûre d’ici 2020

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