Etiquetage nutritionnel : apprenez à déchiffrer le futur code à 5 couleurs

Des pastilles vertes, jaunes, oranges, roses et rouges affublées d’une lettre. Voilà ce qui pourrait bientôt figurer sur les emballages de vos produits préférés. Ce nouveau code couleur, validé scientifiquement, a été imaginé par le Professeur de nutrition Serge Hercberg afin d’aider les consommateurs à décrypter les informations nutritionnelles des produits industriels : du vert -pour identifier les aliments les plus sains (contenant peu de gras, de sucre et de sel), au rouge -pour les aliments les moins équilibrés. Pour faciliter davantage la compréhension de l’information, chaque couleur a été couplée à une lettre rappelant les « notes d’école ».

Un outil pour mieux se repérer

Quelques exemples* :
A/ Vert : eaux, compotes, plats cuisinés en conserve
B/ Jaune : bouillons et potages, conserves de fruits
C/ Orange : céréales pour le petit déjeuner, confitures, pizzas surgelées
D/ Rose : barres céréalières, glaces et sorbets, sauces condimentaires
E/ Rouge : apéritifs à croquer, charcuterie, produits chocolatés

Spécialement adapté pour l’alimentation française
Inspiré du modèle britannique, ce nouveau système d’étiquetage a dû être adapté à l’alimentation française, notamment pour les fromages. Riches en matières grasses, ils sont également sources de protéines et de calcium, c’est pourquoi la plupart d’entre eux sont classés « rose » et non « rouge ». Autre aliment clé : les boissons. Leur teneur en sucre est déterminante pour le classement. Ainsi, les boissons peu sucrées et les jus de légumes sont classés « jaune », les jus de fruits « orange », et les boissons sucrées et énergisantes « rose » ou « rouge ». Seule l’eau obtient la couleur verte.
« Il n’est pas question de dire qu’un aliment est bon ou mauvais, mais de donner un outil pour se repérer, explique le professeur Didier Jourdan, président de la commission prévention du Haut Conseil de la Santé Publique. Ce système offre aussi la possibilité de comparer des produits de marques différentes pour privilégier, par exemple, les marques de céréales les moins grasses et les moins sucrées ou les lasagnes bolognaises ou les pizzas qui ont le meilleur profil nutritionnel. »

Le risque : stigmatiser certains produits
Chez les industriels et les distributeurs, la mise en place de ce code couleur est loin de faire l’unanimité. Les professionnels de l’agroalimentaire estiment que ce système stigmatiserait certaines catégories de produits et médicaliserait l’alimentation. « Il ne va pas permettre de bien comprendre comment équilibrer son alimentation puisque ce qui compte c’est la diversité des produits que l’on consomme, rappelait en mars dernier Cécile Rauzy, directrice qualité-nutrition pour l’Association nationale des industries alimentaires. Il n’y a pas d’aliments interdits et on ne peut pas comparer le chocolat et les haricots. »

La forme que prendra ce nouvel étiquetage nutritionnel n’est pas encore arrêtée (le projet de loi sera examiné le 14 septembre au Sénat), mais on sait déjà qu’il sera facultatif. Il pourrait apparaître sur les packagings dès janvier 2016.

*Les couleurs sont attribuées selon le « score nutritionnel » obtenu par chaque aliment. Ce résultat, basé sur les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS), est calculé en fonction de la valeur énergétique, la quantité de lipides, d’acides gras saturés, de glucides, de sucre simple, de sel et de protéines pour 100 grammes de produit.


Crédits photos : anyaberkut / fotolia

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