Europe : un accord sur la politique agricole

Les surfaces d’intérêts écologiques
Haies, murets, jachères, arbres isolés, bosquets… les surfaces d’intérêt écologique (Sie) servent à préserver la biodiversité ou lutter contre l’érosion des sols. Jusqu’à présent, elles devaient représenter 7 % des surfaces d’une exploitation, mais pour la période 2014-2020, elles équivaudront à 3 % à 5 % des surfaces supérieures à 15 hectares.
Pour le WWF, les décideurs européens « ont exempté 35,5 % des surfaces agricoles européennes (…) de l’obligation de disposer de ces Sie », et y ont autorisé « une production intensive » en ouvrant la possibilité de cultiver ces surfaces en protéagineux (soja, féverole, pois, lupin).

La diversification des cultures
Ce volet exige que trois cultures différentes poussent sur une exploitation de plus de 30 hectares, mais la culture principale peut représenter 75 % de la superficie totale. Les exploitations plus petites (entre 10 et 30 hectares), elles, ne doivent faire pousser que deux cultures.
Le député européen Verts José Bové déplore que « la rotation obligatoire des cultures, proposée par le groupe des Verts au Parlement européen, n’a jamais été sérieusement prise en considération. Elle était pourtant en mesure de réduire notre dépendance vis-à-vis des importations de soja en provenance d’Amérique du sud, d’améliorer la qualité des sols et de réduire l’utilisation d’engrais, ainsi que de rétablir notre balance commerciale. C’était la mesure centrale pour commencer à sortir du modèle agro-industriel. Le lobby de l’agro-industrie a remporté la partie en permettant de continuer la monoculture sur 80 % de la surface des exploitations. »

La « renationalisation » de la PAC
La diversité des situations agricole au sein de l’Europe à amener le Commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos, a rendre optionnel certaines mesures, comme le maintien des prairies permanentes. Chaque Etat pourra donc attribuer ces aides vertes à des mesures environnementales de son choix.
Orama, association spécialisée de la FNSEA, dénonce cette « renationalisation » que va faire peser, selon elle, « de lourdes menaces de distorsions de concurrence au détriment des producteurs de grains français. » 

L’enveloppe des aides
Aujourd’hui, 80 % des aides sont perçues par 20 % des exploitations. Pour rendre la PAC plus juste, la Commission avait proposé de plafonner ces aides à 300 000 euros pour les plus grosses exploitations, mais l’idée n’a pas été retenue. En revanche, une dégressivité des aides, mise par les ministres de l’agriculture, sera appliquée. Il a également été décidé que les agriculteurs recevront au minimum 60% du montant moyen perçu par l’ensemble des exploitants, en fonction de la surface de leur exploitation.
« Les grands céréaliers se frottent les mains. Le pactole qu’ils touchent chaque année est ainsi préservé. Il ne pourra pas être réduit de plus de 30 % d’ici à 2020 », a réagi José Bové.

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