Faut-il autoriser le commerce de la corne de rhinocéros ?

« L’Afrique du Sud ne peut pas continuer à être prise en otage par les mafias qui massacrent nos rhinos », s’est justifiée Edna Molewa, la ministre de l’Environnement du pays. Il faut dire que la progression du braconnage y a été spectaculaire : 13 rhinos ont été abattus en 2007, 122 en 2009 et jusqu’à 668 en 2012 ! Le pays, qui abrite environ 80% de la population de rhinocéros, est la cible de braconniers qui revendent les cornes en Asie, où elles sont utilisées en médecine traditionnelle.

« Nous avons la capacité de rendre plus ou moins disponible cette ressource rare sans affecter l’espèce, à travers la mise en place d’un système commercial réglementé », a estimé Edna Molewa qui demandera la levée de l’interdiction du commerce international des cornes lors de la prochaine réunion de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) de 2016. Le directeur général-adjoint chargé de la biodiversité, Fundisile Mketeni, a quant à lui ajouté que l’objectif était de vendre des cornes recueillies sur des animaux morts naturellement.

Pour les associations de protection animale, comme la IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), ces mesures ne feront qu’alimenter le trafic. « Nous avons déjà l’exemple de l’ivoire des éléphants pour nous rendre compte de ce qu’il pourrait arriver, rappelle Céline Sissler-Bienvenu, directrice France et Afrique francophone à la IFAW. La vente a été encadrée et autorisée en 2008, et ça n’a fait que booster la demande ! » Pour elle, d’autres solutions doivent être trouvées pour enrayer le braconnage : lutter contre la corruption, renforcer la protection des animaux, mieux former et mieux équiper les forces de l’ordre, mutualiser les moyens…

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