Grenoble teste le sel de déneigement écologique

Deux millions de tonnes de sel de déneigement sont déversées chaque hiver sur les routes françaises, et cela pose problème. Pourquoi ? Car le sel de déneigement traditionnel nuit à l’environnement. « Lors de l’épandage sur les axes routiers, les fondants vont d’abord se disperser sur la chaussée puis dans le milieu environnant à plus ou moins grande distance de l’axe de circulation, écrivaient en 2011 les experts de la Sétra*. Ensuite, la totalité de la quantité de fondants routiers épandue va se retrouver dans les différents compartiments (essentiellement sol et eau, mais aussi faune, flore et air) constituant l’environnement. » Résultat : les cours d’eau et les eaux souterraines sont pollués, ce qui perturbe la vie aquatique. D’autre part, le sel réagit avec les métaux lourds (plomb, aluminium, zinc) présents sur les revêtements routiers, et contamine les terres voisines.

Certains pays soumis à de fortes contraintes hivernales, comme le Canada, la Finlande ou la Norvège, ont décidé d’encadrer et de limiter l’usage de ces produits. En France, aucune réglementation n’en fait état, mais certaines municipalités, comme celle de Grenoble, vont de l’avant. Cette année, elle a souhaité tester un nouveau sel plus écologique : le DéneigeVert. Composé d’acétate de calcium, il est beaucoup plus doux que son homologue chimique, mais il est aussi trois fois plus cher. « Grâce au calcium qu’il contient, on ne constate aucune corrosion du métal et aucun échange ionique avec le béton, ce qui pouvait notamment entraîner son gonflement, explique Jean-Louis Brault, cofondateur de Selvert, la société grenobloise à l’origine de DéneigeVert. Ce sel non-polluant peut ainsi être pulvérisé avec des laveuses conventionnelles. »

Grenoble n’est pas la seule municipalité intéressée par ce produit nouvelle génération : Villard-de-Lans a aussi passé commande. Ces initiatives montrent que le recours au tout-chimique n’est pas une fatalité, d’autant que d’autres méthodes de déneigement plus naturelles existent, comme l’utilisation de sable, de copeaux de bois ou de gravillons rocheux.

*Sétra : Service d’étude sur les transports, les routes et leur aménagement du ministère de l’Ecologie

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