Gros plan sur l’agriculture biodynamique

Historique
Tout commence dans les années 20. En voyant la qualité de leurs récoltes baisser et certains de leurs animaux d’élevage affaiblis par les maladies, plusieurs agriculteurs s’interrogent sur l’impact des engrais chimiques. Pour répondre à leurs inquiétudes, le philosophe et scientifique autrichien Rudolf Steiner met en place un cycle de huit conférences, réunies sous le terme de « Cours aux agriculteurs ». Il pose alors les fondements de l’agriculture biodynamique.

Les principes
En bref, l’agriculture biodynamique est une agriculture biologique plus poussée. Dans les deux modes de production, l’emploi de produits chimiques sur les cultures est interdit et les additifs de synthèse sont proscris au moment de la transformation. Le travail du sol doit aussi être raisonné et les animaux d’élevage respectés. Mais sur certains points, l’agriculture biodynamique va plus loin.

« L’agriculture biodynamique considère que la nature est actuellement tellement dégradée qu’elle n’est plus capable de se guérir elle-même et qu’il est nécessaire de redonner au sol sa vitalité féconde indispensable à la santé des plantes, des animaux et des Hommes grâce à des procédés thérapeutiques », explique Jean-Michel Florin, coordinateur du Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique.

-Les préparations
Pour soigner la terre, la biodynamie utilise des préparations à base de plantes médicinales. Les deux premières préparations doivent être pulvérisées sur les cultures ; il s’agit de la bouse de corne, résultat de la maturation de bouse de vache dans une corne et qui améliore la fertilité du sol, et de la silice de corne, obtenue après maturation de poudre de silice dans une corne pour renforcer l’immunité des plantes face aux maladies. Les six autres préparations sont destinées au compost et favorisent son évolution.
Pour booster la résistance des végétaux, l’agriculteur peut également diffuser des tisanes et des cendres de nuisibles ou de plantes indésirables sur ses cultures.

-Les rythmes cosmiques
Autre principe fondamental de l’agriculture biodynamique : la prise en compte de l’influence des rythmes cosmiques (solaires, lunaires et planétaires) sur les plantes et les animaux. En 1952, la spécialiste Maria Thun avait notamment observé des corrélations entre la croissance des radis et la position de la Lune par rapport au zodiaque. Son « Calendrier des semis » est aujourd’hui le livre incontournable pour tout biodynamicien.

Certifications
En France, deux marques commercialisent les produits issus de l’agriculture biodynamique : Demeter et le label Biodyvin. Dans les deux cas, les exploitations doivent respecter les principes de l’agriculture biologique, mais d’autres exigences s’ajoutent.
 
Pour obtenir la marque Demeter, la ferme doit être entièrement conduite en biodynamie et les semences doivent être de qualité Demeter ou bio. Pour les animaux, au moins 2/3 de leur nourriture doit être de qualité Demeter ; le reste peut être bio.
 

Le label Biodyvin s’adresse aux exploitations spécialisées en viticulture. Pour être certifiées, elles doivent être converties à la biodynamie dans leur ensemble, et la vinification doit aussi être certifiée. Les tâches ne peuvent être mécanisées, d’où le retour du cheval de trait dans les vignobles concernés.

Quelques chiffres clés
– L’agriculture biodynamique est pratiquée par 5 000 agriculteurs, grossistes et transformateurs dans le monde.
– En France, en 2012, 400 producteurs et 65 transformateurs et grossistes étaient associés à la marque Demeter. Cela représentait 10 000 hectares.
– D’après les travaux du chercheur allemand Georg Meissner, le sol en biodynamie est plus vivant qu’en conventionnel (il présente 93% de plus de lombrics) et également moins touché par les maladies (entre 2006 et 2009, la variante conventionnelle qu’il a étudiée a été touchée jusqu’à 5 fois plus par la pourriture acide).

Plusieurs expérimentations en plein champ ont prouvé que les préparations biodynamiques avaient un réel impact sur le rendement, la qualité du sol et la biodiversité. Mais, malgré les études menées ces dernières années, la communauté scientifique reste sceptique quant à l’efficacité de ces méthodes. Il est donc nécessaire de poursuivre les recherches sur les effets de biodynamie, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire, des performances environnementales et de l’influence sur les animaux d’élevage.

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