Kyoto, on s’était dit rendez-vous dans 10 ans !

Voilà 10 ans déjà que le Protocole de Kyoto est entré en vigueur.

Cet accord international avait pour visée de réduire d’au moins 5% les émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique, par rapport au niveau relevé en 1990.

L’heure du bilan a sonné !

Version 1: L’optimisme

Concernant le protocole de Kyoto, les pays engagés ont globalement atteint le but fixé.

Effectivement, les « 37 » assujettis ont atteint le faible objectif qui leur était assigné, soit réduire de 5 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990.

Cependant, il s’agit là d’un succès en demi-teinte.

Nombreux sont les pays qui ont baissé leurs émissions de gaz à effet de serre, non par conviction, mais par contraintes totalement indépendantes de leur volonté.

Un mal pour un bien !

L’effondrement de l’industrie russe  a permis d’atteindre l’objectif fixé par le protocole de Kyoto. Entre 1990 et 2010, les 8 pays de l’ancien bloc soviétique ont liquidé leur industrie lourde, réduisant par conséquent de leurs émissions de gaz à effet de serre de 46 %

Autre bouleversement capital : la crise financière de 2008.

Anéantissant bon nombre d’industries, elle stoppa par conséquent  le monde occidental dans son élan carbonique.

De  tristes événements qui ont finalement joué en faveur de la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

Un engagement écologique relatif

Durant la période 1990-2007, des pays signataires du protocole de Kyoto, tels que l’Australie, le Canada, les États-Unis et, dans une moindre mesure, la Grèce, la Nouvelle-Zélande ou le Portugal ont sensiblement alourdi leur empreinte carbone, favorisant donc pollution et réchauffement climatique.

D’autres échecs cuisants sont à constater avec  l’Italie, l’Autriche, le Japon.

Le Canada, a même quitté le protocole en 2011 pour ne pas verser de pénalités.

Quand aux états Unis, aujourd’hui 2ème pollueur mondial, comme les autres, il a signé le protocole de Kyoto  en 1997, mais ne l’a tout simplement jamais ratifié !

En définitive, l’engagement écologique reste une notion très subjective, selon  les nations !

Version 2 : Un bilan mitigé

Suite à la crise, la part des pays industrialisés dans les émissions de Gaz à Effets de Serre a effectivement  baissé, contrairement à celle des grands pays émergents, dont la soif de développement n’a pour l’instant trouvé aucune limite.

La Chine a quasiment quadruplé ses émissions de dioxyde de carbone, les rejets carbonés indiens ont triplé, quand à ceux de l’Arabie Saoudite, ils ont plus que doublé.

Bref, malgré les efforts (réels ou supposés) des ex-pays les plus industrialisés, la concentration de gaz carbonique a progressé de 2,7 %, en moyenne, par an, durant ces vingt ans.

Et la tendance n’est pas prète de s’inverser.

La faute, sans doute, au fait que le Protocole ne fixe aucune contrainte aux pays émergents ou en développement.

En résumé, même si Kyoto n’a pas tenu toutes ses promesses, il a permis de faire vaciller ce que nous pensions être une répartition juste du fardeau de l’effort entre les pays riches et les pays en développement.

Et maintenant ?

Le prochain objectif : Paris, 2015.

Un nouveau pacte qui sera signé, nous l’espèrons, en décembre à Paris, et qui sera chargé de remplacer le protocole de Kyoto.

Ce traité aura dans sa ligne de mire tous les grands pollueurs de la planète, ce qui d’entrée de jeu, annonce des négociations difficiles entre les différentes puissantes.

Mais qui sait, on est jamais à l’abri d’un succès ?

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