L214, lanceur d’alerte dans les abattoirs



Cela fait des années que vous envoyez des vidéos chocs aux rédactions françaises. Pourquoi le phénomène ne prend-il de l’ampleur que maintenant, avec les abattoirs ?

Depuis les débuts de « stop gavage » (première campagne de l’association, contre le gavage d’oies et de canards pour la production de foie gras, ndlr), nous sentons qu’il existe un intérêt de plus en plus fort pour la question animale. Mais c’est vrai qu’il y a eu un tournant avec la sortie des images de l’abattoir d’Alès. Cela prend énormément d’ampleur car cette question traverse toute la société.
 
Justement, comment vous procurez-vous ces vidéos d’abattoirs ?
Nous préférons rester discrets là-dessus. De plus en plus de personnes, qui ont accès aux abattoirs, nous contactent. Cela peut être aussi bien les ouvriers que les services vétérinaires…
 
Que défend votre association ?
L214 est une organisation de défense des animaux, inscrite dans le mouvement de leurs droits, pour la fin de leur exploitation. Nous concentrons nos actions sur les ceux qui sont utilisés pour la consommation alimentaire : viande, lait, oeuf, poisson. Nous montrons la réalité des abattoirs, des élevages et des transports. Viande.info, lancé en 2009, revient sur la surproduction et la surconsommation des produits d’origine animale. Et nous avons également des initiatives comme « VegOrestau » pour inciter les restaurateurs à proposer des menus végan, et le site Vegan Pratique vient d’être lancé.
 
Votre voix est-elle entendue des institutions ?
Nous voyons que la commission d’enquête d’Olivier Falorni est basée sur nos vidéos, provoquant des réactions auprès des députés (cette commission « sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français », fait suite aux scandales des abattoirs d’Alès et de Vigan révélés par L214, ndlr). De même pour le plan d’action en faveur du bien-être animal de Stéphane Le Foll, avec la question du broyage des poussins. Nous n’avons jamais été reçus au ministère de l’Agriculture, mais d’autres associations le sont. Nous sommes des lanceurs d’alerte et nous constatons que nos actions ont quand même un impact. 

Photo : L214

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