La chronique végane #1 : humeurs d’une nana 100% végétale !

Vég… Quoi ?

Végane, vous avez bien lu ! Pensez à bien prononcer ce mot qui a récemment pris du galon jusqu’à avoir ses entrées dans le dictionnaire Hachette ! Pour vous aider à vous exercer, mémorisez simplement la sonorité : végane rime avec âne, caravane, soutane, gitane, … et non gitan ! Juste un p’tit truc que je vous donne histoire de ne pas passer pour un(e) ignare dans les conversations mondaines (ça marche aussi avec celles autour de la machine à café). Eh oui, le végane, vous allez en entendre parler !

La séquence phonétique étant passée, place à l’étymologie. Il faut déjà savoir que le terme anglais vegan (pour la prononciation, cette fois-ci, je vous laisse gérer) (francisé en végane, que ce soit au masculin ou au féminin) est dérivé du mot vegetarian et désigne une personne qui est, certes, végétarienne mais qui s’abstient également de consommer les laitages. Vous me suivez ?

Reprenons les bases : une personne végétarienne ne consomme pas de chair animale ni les produits qui en contiennent (donc pas de viande blanche ou rouge, pas de poissons ou de crustacés, ni les fromages qui contiennent de la présure). Pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est la présure, je précise qu’il s’agit d’un « coagulant du lait d’origine animale extrait de la caillette (le quatrième estomac) de jeunes ruminants ».

Une personne végétalienne écartera de plus de son assiette les sous-produits d’origine animale, c’est-à-dire le lait, les yaourts, la crème, tous les types de fromages, les œufs, le miel. Grand chelem pour la personne végane qui a fait le choix, au-delà de son assiette, de mettre l’éthique au centre de son mode de vie. Végane, un doux art de vivre ? C’est un peu l’idée en effet. Sans prétendre être parfait(e) (loin de là), être végane, c’est surtout tendre vers un idéal et opter pour un mode de vie qui limite les dommages collatéraux pour nos amis les bêtes. Exemples pratico-pratiques : préférer les matières naturelles à la laine, au cuir, à la soie, … (sans tomber dans le tout-synthétique), veiller à ce que les cosmétiques qui se trouvent dans notre salle de bain ne soient pas testés sur des lapins … et ne contiennent pas de lanoline (dérivée de la laine et donc du mouton), de la graisse de baleine, du lait d’ânesse (même si la légende aime dire que Cléopâtre se baignait dans du lait d’ânesse pour entretenir sa beauté, copier les pratiques de l’époque n’est pas toujours bien inspiré … N’est-ce pas à cette même époque qu’on jetait les prisonniers dans la fosse aux lions ?) ou encore de la bave d’escargot… Les exemples sont nombreux.

J’estime que, quels que soient nos choix (alimentaires, éthiques, éducatifs, religieux, spirituels, …), il est essentiel de manger / consommer / etc en conscience. De savoir et comprendre pourquoi nous faisons tel ou tel choix, nous prenons telle ou telle décision : c’est sans doute ce qui permet de nous distinguer des robots. Telle est, je pense, l’origine du véganisme. Remettre en question sa façon de s’alimenter et plus largement, de consommer, dans un pays où le véganisme / le végéta*isme n’est pas le courant de pensée dominant, cela implique forcément de se détacher des schémas pré-établis. Sans tomber dans l’excès inverse non plus : se contenter d’être un(e) rebelle, dans l’opposition pure et simple, ce n’est pas non plus ce que j’appelle « être en conscience ». D’où l’intérêt de comprendre « pourquoi ».

Petit cours de psychologie : la plupart de nos choix sont dictés par notre éducation (Maman a toujours fait comme ça …), le mimétisme (Je porte une cravate parce que tous les cadres de ma boîte en portent une …), l’habitude (Ca fait 10 ans qu’on part en vacances dans le Sud, pourquoi changer ?), le conditionnement (c’est-à-dire un « comportement acquis sous influence » ou la pure application N°2 de la règle N°1). Il peut s’agir d’un conditionnement social (« Mes 8 frères et sœurs sont mariés et ont chacun 3 enfants. » Il y a fort à parier que, consciemment ou inconsciemment, je reproduirai ce schéma familial, sans porter de jugement de valeur sur le fait que ce soit bon ou mauvais en soi) ; d’un conditionnement marketing (merci la pub’ !) ; d’un conditionnement par l’affect (« Finis ton assiette pour faire plaisir à Maman / Papa », le risque ici est de déconnecter son môme de ses sensations de satiété … Il perdra alors la faculté, pourtant innée chez le jeune enfant, de manger et de s’arrêter de manger en fonction de ses besoins physiologiques.).

Ce que je souhaite souligner, c’est le fait que, végane (ou pas), il est important de savoir pourquoi nous faisons ce choix. Si notre façon de vivre est uniquement le fruit de l’habitude ou la reproduction de schémas qu’on nous a inculqués (parfois même avec bienveillance), alors … interrogeons-nous ! Pourquoi je mange de la viande ? Pourquoi je n’en mange pas / plus ? Est-ce un argument / une raison qui a un sens ? (« Parce que c’est bon. » n’est pas ce que j’appellerais une raison avec un sens véritable.)

Et cette réflexion, à nous de la mener pour tous les domaines de notre vie ! Est-ce que le fait de faire telle ou telle chose me rend heureux(se) ? Est-ce que j’y trouve un sens ? Aaaaah, la fameuse quête de sens … Un concept qui doit prendre forme dans notre quotidien pour, justement, ne pas rester qu’un concept mais devenir un outil, une aide à la décision, même face aux petits dilemmes de tous les jours : Mon boulot a-t-il un sens pour moi ? (au-delà de la rémunération bien sûr) ; Mettre des sous de côté pour cette jolie robe sur laquelle j’ai craqué ou pour un week-end avec mon amoureux ? … Qu’est-ce qui fait sens pour moi ? Qu’est-ce qui me rend heureux(se) … tout simplement. Avec cette question, naïve en apparence, on s’aperçoit que, si on s’efforce d’y répondre le plus sincèrement du monde, notre prisme change petit à petit. Et c’est là que les vérités, nos vérités, voient le jour. On ne choisit plus pour « être comme … » ou « Faire comme … » mais pour nous.

 

Je vous laisse donc méditer tendrement sur cette idée : et si nous n’avions pas été éduqués à grands coups de « Finis au moins la viande dans ton assiette ! », quelle aurait été notre destinée alimentaire ?

 

Stéphanie B.

www.la-veganista.fr

 

4 thoughts on “La chronique végane #1 : humeurs d’une nana 100% végétale !

  1. Quand je lis: manger de la viande parce que c est bon, n as pas un sens véritable…
    J en conclue que vous mangez vegan parce qu il faut bien se nourrir, sinon, vous ne mangeriez pas (mais peut être fait on mal aux plantes aussi….)pas par plaisir…puisque être bon n est pas une raison.
    mais à voir la photo, vous y prenez plaisir, donc ce passage n a aucun sens, cette raison non plu.
    Personnellement je mange ce que j aime, de tout, BIO si possible selon mon budget,et surtout je ne gaspille pas car/et je pense à tout ceux qui meurent de faim et qui ne ferait pas les difficiles…qui ne mangent même pas de viande par obligation et non pas par choix.
    j ai un point de vue différents comme vous pouvez le constater, je me préoccupe d abord des hommes avant de me préoccuper des animaux, et croyez moi, il y a beaucoup à faire, même au pieds de chez vous, dans la gare ou sous les ponts….Et ça pour moi ça a un sens, et si je leur dis je suis végan/arien/alien, ils vont me rire au nez et me dire: vous en avez de la chance, vous pouvez choisir….
    Libre aux lecteurs de faire leurs choix

    1. Dommage pour vous, mais si vous vous renseigniez avant de parler sur le sujet vous sauriez que l’alimentation végétarienne/lienne permet de nourrir beaucoup plus de personnes qu’avec l’alimentation omnivore et réduit de façon considérable le réchauffement climatique donc on peut en conclure que bien au contraire, ne plus manger de viande permet de se préoccuper également des humains. Cela permet de nourrir ces mêmes gens dont vous dites qu’ils vous riraient au nez… Ils seraient, je pense, bien contents de pouvoir se nourrir de végétaux cultivés sur des terrains qui aujourd’hui servent à faire pousser des céréales pour nourrir les animaux que vous mangez, bio ou non… A bon entendeur…

  2. Bonjour Julie, je sens dans votre écriture un soupçon d’amertume… L’objectif n’était pas de vexer qui que ce soit. Aider les autres, bien sûr, je suis la première à le dire (et à le faire :)). Mais défendre une cause ne veut pas dire que toutes les autres causes n’ont aucun sens et n’ont pas le droit d’être soutenues. Même si bien sûr, faute de temps et de moyens, il faut choisir son combat, comme on dit … Je pense que les choix que nous faisons doivent au minimum impacter les autres, manger de la viande, par exemple, coûte la vie à pas moins de 85 milliards d’animaux terrestres en France chaque année, seulement pour la consommation de leur chair.
    Avoir l’information est déjà une étape, chacun ensuite agit selon ses valeurs et ses envies.
    Belle journée à vous.
    Stéphanie

  3. Bonjour Stéphanie je suis vegan depuis peu nous avons réduit puis éliminé notre consommation de viande rouge pour arriver à écarter totalement les viandes à l’exception des oeufs cependant on rencontres des difficultés pour la réalisation de menus hebdomadaires…
    Pouvez vous nous donner quelques conseils ?

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