La Coupe du monde mérite-t-elle un carton vert ?

Cette vingtième édition de la Coupe du Monde a suscité bien des passions, de la colère, des épisodes mouvementés avant que ne se dressent tels des éléphants blancs de magnifiques stades surgis de terre, des stades flambants neufs ou rénovés, écologiques pour certains, sujets à polémique pour d’autres…

Les intentions louables du Brésil
Les recommandations du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) semblent avoir été entendues. Les organisateurs de la Coupe du Monde se sont ainsi engagés à réduire l’impact de l’évènement sur l’environnement en utilisant des technologies durables. Ces choix se sont portés sur les systèmes d’éclairage, sur la réduction de la consommation d’eau via des réservoirs récupérateur d’eau, des systèmes de réduction des déchets, en passant par l’accessibilité pour les personnes handicapées et les transports écologiques.

Le Brésil a également prévu 115 000 tonnes de crédits carbone pour réduire ses émissions qui sont estimées à 1,4 millions de tonnes en relation avec l’hébergement, les vols domestiques reliant les villes hôtes, les transports, les chantiers…

Des stades sur leur 31…
A Rio de Janeiro, Brasilia, Fortaleza, Belo Horizonte, Sao Paulo, Porto Alegre, Salvador de Bahia, Recife, Cuiaba, Manaus, Natal et Curitiba on voit la vie en vert !
Le stade Maracana à Rio entièrement rénové passe pour être un exemple de développement durable avec un toit équipé de 1500 panneaux photovoltaïques qui assurent son autonomie en matière d’énergie. Celui de Belo Horizonte s’est vu décerner le laber Leadership in Energy and Environnmental Design, une certification américaine attribuée aux bâtiments attestant de hautes qualités environnementales.
Que dire enfin du stade de Brasilia entièrement rénové sinon qu’il a été conçu comme le premier stade au monde 100 % écologique. Il produit autant d’énergie qu’il en consomme avec un toit entièrement recouvert de panneaux solaires, utilise un éclairage avec lumières LED et sa pelouse est arrosée grâce à un système de stockage et d’utilisation de la pluie.

Un pari écologique à priori réussi, si l’on ne s’attarde pas sur l’envers du décor… L’attention au problème environnemental risque de masquer une stratégie énergétique et environnementale au double discours. Derrière cette évidente stratégie marketing se cache des drames environnementaux et humains qui n’ont "curieusement" pas fait la une des médias.
A l’occasion de la Coupe du Monde certains chantiers ont été accélérés, c’est le cas notamment de Belo Monte en Amazonie avec un immense barrage qui menace de détruire les équilibres sociaux et environnementaux fragiles au c…ur du poumon de la planète. A ce titre, Ger-Peter Bruch président de l’association Planète Amazone mène un combat acharné pour soutenir les peuples d’Amazonie dans leur combat contre la déforestation.
Au lieu d’un carton vert c’est un carton rouge pour les milliers d’emplois créés mais provisoires et payés avec des salaires misérables. Carton rouge également pour les vendeurs ambulants exclus des abords des stades, pour des billets trop chers pour les populations locales et pour le contraste saisissant entre les stades dernier cri et les favellas environnantes encore dépourvues pour certaines d’eau et d’électricité…

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