La pêche durable vue par Fish4ever: “la surpêche est due à l’industrialisation du marché du poisson”

Charles Redfern, fondateur d’Organico Real Foods & Fish4ever

Quand l’on pense pêche, on pense d’abord chalutage profond et donc écosystème marin en péril. Pour autant, impossible ces derniers temps de passer à côté des mouvements en faveur d’une pêche durable, avec notamment la grande campagne de sensibilisation menée (avec succès !) par l’association Bloom. Mais, qu’est-ce au juste que la pêche durable ?

Charles Redfern, fondateur d’Organico Real Foods (qui produit notamment des conserves de poissons commercialisées sous la marque Fish4ever) nous dévoile sa vision de la pêche durable, à l’antithèse des pratiques courantes :

Il y a deux approches de la pêche durable.

Le stock total de poissons, première approche de la pêche durable

 

La première est centrée sur le stock total de poissons. Elle est en fait très basique, puisqu’elle consiste simplement à ne pas pêcher trop, de manière à ce qu’il y ait assez de poissons pour continuer à consommer dans les mêmes proportions. C’est contre cette approche que nous nous battons, même si sur le principe elle n’est pas fausse : nous devons avoir assez de poissons pour le futur.  Mais, qu’est-ce qu’assez ? Est-ce 2% de la biomasse naturelle ? Comment prend-on en compte le changement climatique ? A mesure que la température de l’eau augmente, les données sur la distribution des stocks de poissons changent, puisque tous les poissons se déplacent ! Quid de la chaine alimentaire (des poissons mangeant d’autres poissons)   Pouvons-nous vraiment manager un stock de poissons en nous basant uniquement sur le stock total ?    Ne devrait-on pas plutôt faire la balance entre les espèces, voire penser le stock de manière encore plus flexible ? Par ailleurs, pourquoi est-ce un système privé de logo qui nous informe de si espèce de poisson est trop pêchée ou non, n’est-ce pas plutôt le rôle du gouvernement ?

Plus l’on se penche sur l’approche basée sur le stock total de poissons, plus on réalise qu’elle n’est pas complète, et même pas si pertinente.

Au regard de ces chiffres, la logique de la pêche industrielle est de dire qu’il n’y a pas lieu de paniquer, puisque 70% des poissons ne sont pas déjà surpêchés. Je pense que ce n’est pas la conclusion à laquelle les experts marins dans les Universités et les ONG arriveraient au vu de ces chiffres.

Alors, que se passe-t-il ? Je pense que l’on occulte délibérément le vrai problème avec cette première approche. Si l’on considère que le stock de poissons pris dans sa globalité est le problème majeur, alors on formule déjà les questions et les réponses, au regard de notre propre définition du problème.

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