La vente en vrac séduit

Avant l’avènement des grandes surfaces dans les années 1960, le vrac était la norme, l’unique mode de présentation des produits. Mais avec l’évolution des modes des vie, on a vu se développer les conditionnements en carton ou en plastique et les boîtes de conserve dans les rayons des supermarchés. « [De 1997] jusqu’en 2000, on observe une progression de la consommation de produits emballés par habitant qui, couplée à l’augmentation de la population française, conduit à une croissance moyenne annuelle de 2,7 % des tonnages d’emballages mis en marché, analyse l’Ademe* dans un rapport de 2012. Depuis 2001, la quantité d’emballages mise en marché se stabilise autour de 12,5 millions de tonnes. »
 
Un chiffre encore trop important pour les organismes de protection de l’environnement qui appellent à limiter nos déchets, aussi bien pour préserver la planète que pour réduire les coûts de traitement supportés par la collectivité (15,7 milliards d’euros en 2011, selon l’Ademe). Pour cela, elles mettent en avant une alternative : la vente en vrac.

Le vrac, une solution écologique et économique
Le concept est simple : tous les produits, souvent bio et/ou locaux, sont vendus à la pesée. Aucun n’est pré-emballé. Pour acheter du beurre, de la charcuterie, des cosmétiques ou de la lessive, les consommateurs sont invités à venir avec leurs propres contenants (boites, bocaux, sacs en tissu, etc). S’ils oublient, les enseignes disposent bien souvent de solutions de secours, comme un système de consigne des bouteilles en verre servant à vendre l’huile, le vinaigre ou le vin en vrac.

« Les emballages représentent environ un tiers de nos déchets ménagers. C’est trop, explique l’association Zero Waste France. D’autant plus qu’ils ne sont pas encore tous recyclés. Le vrac est l’une des solutions clés pour réduire les déchets. Cette offre permet d’acheter la juste dose – et donc de contribuer à la réduction du gaspillage alimentaire – et de faire des économies car, à produit équivalent à la grande distribution, le vrac peut être 10 à 40 % moins cher. »

150 projets de magasins 100 % vrac en 2016
L’un des exemples qui illustre ce changement dans les modes de consommation pourrait être le Biocoop21 à Paris, premier magasin éphémère bio, 100% vrac et 100% sans emballage. Ouvert pendant la COP21, il devait fermer ses portes le 31 décembre dernier mais a été prolongé jusqu’au 27 février pour répondre à « la réelle demande des consommateurs ». Avec une moyenne de 300 clients par jour, la fréquentation du magasin est supérieure de 40 % aux prévisions. La réussite de ce projet test va permettre d’intégrer, dans les autres magasins de l’enseigne, de nouvelles solutions vrac et de nouveaux procédés éco-responsables.

Certes le secteur évolue, mais le vrac est encore balbutiant en France : d’après Zero Waste, on compte aujourd’hui une dizaine de magasins 100 % vrac. A cela plusieurs raisons, notamment réglementaires ou sanitaires. « La distribution en vrac, si elle doit se développer, doit structurer sa démarche (en termes de gestion des stocks, du rayon, de l’hygiène, de l’information aux consommateurs, etc.) et doit rassurer (en termes de traçabilité, identification, etc.) », rappelait en 2013 le Conseil National de l’Emballage. Pour répondre à ces problématiques, des entrepreneurs se sont regroupés au sein du collectif « Réseau Vrac ». Leur objectif : modifier la réglementation pensée pour le préemballé et développer le vrac. 150 magasins pourraient ouvrir leurs portes en 2016.

*Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

Photo : unclepodger / fotolia

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