Laëtitia, Lamazuna: “en créant une entreprise, on se rend compte que nos choix ont un réel impact environnemental”

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Si l’on vous disait que les produits d’hygiène peuvent être efficaces, mais aussi et surtout naturels, véganes et zéro déchet, le croiriez-vous ? C’est le pari (pas si) fou que s’est lancé Laëtitia, créatrice de la marque française Lamazuna, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée est séduisante.

Dans la digne lignée du mouvement slow cosmétique – d’ailleurs, elle peut se targuer d’en avoir la mention -, la marque prône une cosmétique plus raisonnable et plus écologique. Laëtitia a accepté de nous en dire plus :

Marion : Vous êtes la seconde marque française à avoir reçu le label Cruelty free de Peta, concrètement, que cela signifie-t-il ?

Laëtitia : nous avons reçu le label Cruelty Free & Vegan de Peta. La précision est importante, puisque le label Cruelty free signifie simplement que les produits ne sont pas testés sur animaux. Or, les tests sur les animaux sont interdits en France depuis quelques années pour les cosmétiques, et c’est également le cas dans plus en plus de pays. Donc, de toute façon, les cosmétiques français sont normalement Cruelty free.

Pour ce qui est du label Peta, et donc l’aspect végane, c’est une volonté purement personnelle. Il n’est pas évident pour tout le monde de devenir végétarien, voire végane. Pourtant, il est facile d’éviter le recours à la graisse de baleine pour créer des cosmétiques.

Marion : Pour vous, le recours à des ingrédients d’origine animale n’est donc pas indispensable pour pouvoir proposer des produits (d’hygiène comme cosmétique) qui n’impactent pas notre santé ?

Laëtitia : En effet. Il faut juste travailler un peu plus les formules. Bien sûr, en faisant le choix de n’utiliser que des ingrédients naturels, et qui ne soient pas d’origine animale, le coût sera nécessairement un peu plus élevé, mais le résultat aura aussi plus de sens.

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Marion : Au-delà de la cause animale qui vous est chère, vous accordez une grande importance à l’environnement, et optez pour des matériaux durables, mais plus chers, acceptant de fait de réduire vos marges pour proposer à vos clients des produits abordables. Était-ce un choix qui coulait de source ?

Laëtitia : Oui. En créant une entreprise, on se rend compte que l’on ne va pas utiliser un emballage, mais 1 000, ou 10 000…et que nos choix ont un réel impact environnemental. Donc, à chaque création de produit, on essaye de procéder de la meilleure manière possible, ce qui passe par le choix des matériaux à chaque étape du processus de fabrication (conditionnement…).

Marion : Pensez-vous pouvoir un jour élargir la gamme de produits que vous proposez à la vente, pour une hygiène quotidienne à l’empreinte environnementale toujours moindre ?

Laëtitia : Dans la salle de bains, il reste effectivement encore quelques déchets à supprimer. Je pense notamment aux savons, mais beaucoup d’entreprises en proposent déjà, donc ce n’est pas une priorité pour nous.

Marion : Toujours dans cette logique de préservation de l’environnement, vous ne vendez que des produits zéro déchet, y compris les emballages cadeaux, qui sont « upcyclés ». Pensez-vous que cette pratique est généralisable, au-delà des seuls produits d’hygiène ?

Laëtitia : Justement, nous travaillons en ce moment sur le développement de produits destinés à d’autres pièces de la maison, car bien sûr il est possible de fabriquer des produits rigolos ET zéro déchets en dehors des seuls produits d’hygiène.

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Marion : Votre démarche écologique ne s’arrête pas aux portes de votre entreprise *. Pensez-vous que le grand public y est de plus en plus réceptif ?

* Laëtitia a créé un marché des cadeaux bio et écolos, qui regroupe une trentaine de jeunes marques françaises engagées dans une démarche similaire, et dont la 11ème édition se tiendra le samedi 28 mai 2016 à la Mutinerie Coworking (Paris XIXe).  Elle a depuis du céder la main, faute de temps.

Laëtitia : Nous sentons en effet un engouement énorme pour le véganisme et le zéro déchet depuis tout juste un an. Ainsi, ce sont une trentaine de magasins zéro déchets qui ont ouvert partout en France sur la dernière année, alors qu’auparavant cela n’existait pas !  De même, des restaurants, cafés, boutiques véganes ouvrent toutes les semaines en France, et plusieurs journaux nationaux en ont parlé en Une récemment, ce qui n’était pas le cas avant.

Pour l’instant, il est impossible de savoir si ce mouvement va continuer ou non. Toujours est-il que l’on a l’impression d’assister à une prise de conscience plus scientifique : si les gens ne sont pas nécessairement prêts à supprimer la viande de leur alimentation par seul amour des animaux, ils sont sensibles aux arguments concernant l’impact environnemental de l’élevage, avec la connaissance que l’on a maintenant des gaz à effets de serre dont sont à l’origine les ruminants.

 Un immense merci à Laëtitia de nous avoir partagé sa démarche slow, pour ma part je suis convaincue…et fraîchement convertie !

Et vous, avez-vous déjà essayé les cosmétiques solides ? 

Photographies : Lamazuna

@mariongreenweez

 

 

2 thoughts on “Laëtitia, Lamazuna: “en créant une entreprise, on se rend compte que nos choix ont un réel impact environnemental”

  1. Merci Laura pour votre commentaire, cet article est instructif et bien détaillé. Je pense que c’est la raison pour laquelle Laëtitia a précisé que les cosmétiques français étaient “normalement” cruelty free…

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