L’agroécologie en questions

C’est quoi ? 
L’agroécologie entend concilier la réponse au besoin indispensable de se nourrir avec la nécessité, toute aussi vitale, de préserver la terre nourricière. Union  d’agronomie et d’écologie, ce désigne une démarche agricole qui utilise les services rendus par les écosystèmes, plutôt que de chercher à les substituer par des intrants comme les engrais et les pesticides. En résumé, on ne lutte pas contre la nature, on compose avec elle. Pour ses partisans, c’est une alternative écologique à l’agriculture intensive, mais aussi une éthique au service de la vie, un acte de résistance.

Ses promoteurs
S’il existe une personne qui incarne parfaitement le concept d’agroécologie, c’est bien Pierre Rabhi. Elle représente pour ce pionnier « bien plus qu’une simple alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant. » Autre fervent défenseur de l’agroécologie : Nicolas Hulot, notamment via la campagne « I field good ». Un mouvement qui invite les citoyens européens à se mobiliser en faveur d’une agriculture d’avenir, écologique, juste et solidaire.

Les initiatives pour la développer
L’agroécologie est de plus en plus explorée par la science agronomique : l’INRA en a fait l’un de ses deux champs de recherche prioritaires en 2010. Pour Philippe Lemanceau, qui dirige l’unité Agroécologie à l’INRA, « c‘est un changement de paradigme : on n’est plus dans l’affrontement entre agronomie et écologie, agriculture productiviste et écosystèmes, mais dans leur réconciliation. » Il poursuit dans un entretien au Monde : « Certaines recherches ont déjà montré des preuves de succès. C’est le cas notamment de dispositifs expérimentaux sur les adventices [mauvaises herbes, dans la terminologie agronomique] : on peut réduire le recours aux herbicides – dont la France est une grande consommatrice – en travaillant le sol de manière particulière, en faisant des rotations de cultures adaptées, en utilisant des plantes "étouffantes", en retardant les dates des semis, en désherbant mécaniquement… Il s’agit de proposer des systèmes de culture innovants permettant de réduire l’utilisation d’intrants, et de répondre ainsi, en particulier, aux enjeux du plan Ecophyto 2018 visant à réduire l’usage des pesticides. »

La démarche a aussi inspiré le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui a déclaré vouloir faire de la France un leader mondial de l’agroécologie. Il a présenté, fin février, un projet en ce sens baptisé « Agricultures : produisons autrement ». Cette pratique constitue également le fil rouge de la future loi d’avenir de l’agriculture, qui est entrée en phase de concertation mi-avril, avant une présentation en Conseil des ministres en septembre. Stéphane Le Foll promet notamment de mobiliser 3 millions d’euros dès 2013 dans ce domaine, et de créer des « groupements d’intérêt économique et  environnemental » pour permettre aux agriculteurs de s’associer et d’échanger leur savoir. « A ceux qui disent qu’on ne peut pas produire autant avec l’agroécologie, je réponds : « Venez constater avec moi, sur le terrain, que l’on peut faire des rendements de 80 quintaux à l’hectare en blé ou 9 000 litres par an pour une vache laitière avec des systèmes écologiquement performants », assure-t-il dans un entretien à Terra Eco

Et vous, que pouvez-vous faire ?
L’agroécologie, ça se passe aussi dans votre jardin. Pour jardiner écolo, il faut apprendre à travailler préventivement et à faire des compromis avec la nature. Pour cela, vous trouverez une mine de conseils très concrets sur le site de l’association de Pierre Rabhi « Terre & Humanisme ». La rotation des cultures, la préservation de la biodiversité, le potager agroécologique, les soins phytosanitaires… Tout ça n’aura plus de secrets pour vous ! 

Crédit photo : © Sandra Cunningham – Fotolia.com

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