Le bisphénol A abîme les dents

Avez-vous déjà constaté des tâches blanchâtres ou jaunes sur les premières dents de vos enfants ? Peut-être sont-ils atteints de l’hypominéralisation des molaires et des incisives (MIH), une maladie dont on entendait peu parler jusqu’à ce qu’une étude menée par Ariane Berdal et Sylvie Babajko, du Centre de recherche des Cordeliers, ne la relie au bisphénol A (BPA).

Les chercheurs ont suivi deux groupes de 16 rats mâles. L’un n’a pas été mis en contact avec du BPA, l’autre est issu de femelles ayant été exposées dès la conception à une dose de BPA dix fois plus faible (5 microgrammes par jour et par kilo) que la limite théoriquement acceptable calculée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Après leur naissance, les rats ont été eux aussi soumis à ce régime.

Les résultats de l’étude sont sans ambiguïté : les 3/4 des rats exposés présentaient des tâches sur les incisives, alors que les rats témoins n’avaient pas développé l’anomalie. En analysant l’émail des dents des rongeurs atteints, les auteurs ont aussi constaté que la teneur en minéraux était plus faible.

Ces travaux, qui doivent être confirmés par d’autres études, suggèrent que le BPA influence l’expression de deux gènes actifs dans la formation de l’émail. Si le MIH est une maladie bénigne, elle peut rendre les dents plus fragiles à la carie. D’après l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, elle concerne entre 16 % et 18 % des enfants.

Attention donc aux risques liés à l’exposition de BPA, substance que l’on retrouve dans les plastiques ou les résines des boîtes de conserve. Sachez qu’il sera interdit en France dans tous les contenants alimentaires à partir de 2015.

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