Le caca, une affaire qui roule !

La problématique transports au coeur du dérèglement climatique
Selon l’OCDE, les progrès technologiques prévus pour l’avenir seront insuffisants pour juguler l’accroissement des effets sur l’environnement résultant de l’augmentation du trafic routier. En 2030, les transports deviendront une menace pour la viabilité écologique et la cause majeure du dérèglement climatique.

La faute revient tout d’abord aux moteurs à explosion que l’on retrouve sur la majeure partie des véhicules motorisés de biens et de personnes. Pour prévenir le changement climatique, les émissions de CO2 causées par les transports ne devraient pas dépasser 20 % des émissions totales, or, rien qu’à l’heure actuelle, 36 % des émissions de CO2 des pays industrialisés proviennent des transports. La combustion d’un litre d’essence produit 2,3 kg de CO2 et celle d’un litre de gazole 2,6 kg. Malgré le protocole de Kyoto les émissions de gaz carbonique ne cessent d’augmenter et selon l’agence Internationale de l’énergie, leur augmentation avoisinera les 130 % d’ici 2050.

Le biogaz, un gaz issu de la fermentation des matières organiques animales ou végétales en l’absence d’oxygène, après avoir intéressé l’Allemagne et la Norvège, passionne aujourd’hui la Grande-Bretagne au point qu’elle a décidé d’utiliser le caca de ses habitants pour alimenter un transport écologique dénommé Bio-Bus, reconnaissable par son design composé de personnages installés sur un trône… qui n’a rien de royal !

Le concepteur, la société GENeco est une entreprise de recyclage spécialisée dans les énergies renouvelables afin d’offrir des solutions environnementales durables à partir des déchets organiques.

Comment fonctionne ce bus écologique ?
Le Biobus accueille 40 personnes assises et peut rouler 300 km avec un seul plein ce qui représente l’ensemble des déjections annuelles de 5 personnes. Les odeurs dans tout cela ? Le bus ne sent absolument rien car les impuretés ont déjà éliminées afin de restituer des émissions inodores. Ce biométhane créé à partir de la matière fraîche au lieu d’être décomposée, est chimiquement identique au gaz naturel. Pour alimenter ce véhicule, le dioxyde de carbone est éliminé et du propane a été ajouté.

Rouler au caca offre de réels avantages
Les réservoirs de biométhane installés dans le toit du bus sont en mesure de réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 88 % par rapport au carburant classique et améliorent ainsi la qualité de l’air sans émettre d’odeurs gênantes.

Par ailleurs, le concept de méthanisation permet de valoriser les 75 millions de m3 d’eaux usées de la ville de Bristol et de sa banlieue et les 35000 tonnes annuelles de déchets alimentaires à l’origine d’une gestion à la fois coûteuse et polluante.

Enfin, le projet va plus loin que le seul intérêt d’alimenter la navette aéroportuaire car la méthanisation des excréments humains et des déchets alimentaires permet à la société GENeco d’alimenter en biogaz 8300 foyers en Angleterre grâce à une production de 17 millions de tonnes de biométhane par an.

Et si l’avenir et la survie de notre planète se trouvaient dans nos cuvettes ?

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