Le commerce équitable, un business ?

Des vêtements à l’alimentaire, en passant par les produits cosmétiques, le commerce équitable s’est largement développé ces dernières années, amenant les ministères de l’Economie, du Développement durable et les acteurs de la filière à mettre en place une Commission nationale du commerce équitable. Son but : rendre l’information proposée au public plus claire. Ce système promet « le dialogue, la transparence et le respect dans le but de parvenir à une plus grande équité du commerce international. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions d´échanges et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs salariés, en particulier ceux du Sud. »

Mais que sait-on exactement de cette filière ? Pour mieux la connaitre, le réalisateur Donatien Lemaître s’est rendu sur le terrain constater le quotidien des agriculteurs. « Je suis allé tourner au Costa Rica dans une coopérative qui vend des ananas équitables, raconte-t-il. Et là, surprise : chez les petits producteurs, j’ai découvert des ouvriers pour la plupart nicaraguayens, sans aucune protection (l’ananas est une plante très piquante) et payés en dessous du salaire minimum… » Au Kenya, il découvre aussi l’implication des multinationales de l’agroalimentaire comme Lipton (groupe Unilever), associé à Rainforest Alliance. La marque a profité des retombées du partenariat… mais pas les travailleurs, embauchés occasionnellement sur les plantations de thé. « Autre constat : le label Max Havelaar ne travaille plus uniquement avec des coopératives de petits producteurs, poursuit Donatien Lemaître. Pour certains produits comme la banane, l’organisation donne son label à de grands propriétaires terriens qui s’enrichissent grâce au système des prix garantis. » De retour en France, il réalise enfin que les grands réseaux de distribution se sont emparés du filon : les grandes surfaces ont accordé plus de place au label « équitable » tout en augmentant leurs marges sur ces produits.

Pour autant, il est difficile de démêler le vrai du faux car Max Havelaar France préfère attendre la diffusion du documentaire pour réagir. Le label Fairtrade bénéficie à plus de 1,2 million de petits producteurs, rappelle l’organisation qui a récemment accordé la moitié des voix de son Assemblée Générale annuelle aux producteurs du Sud (qui possédaient avant 3 voix sur 22).

*définition du commerce équitable de 2001 par le consensus FINE, forum informel qui regroupe les quatre organisations internationales du commerce équitable : FLO, WFTO, NEWS !, EFTA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Spam protection by WP Captcha-Free