LE SUCRE (1/3): Le sucre, cet indispensable poison


Source: www.lesucre.com

« Ennemi public n°1 », « irrésistible poison »…le sucre n’a décidément pas bonne presse ces dernières années. Pourtant, à en croire le CEDUS (organisation interprofessionnelle du secteur betterave-canne-sucre en France), « ce n’est pas le sucre en lui-même qui pose problème mais bien un excès durable de consommation de produits gras et  sucrés ».

Bien qu’ayant des intérêts distincts de ceux du CEDUS, les autorités sanitaires, nationales comme internationales, ne nient pas la nécessité d’un apport en sucre, proposant même un apport de référence (25 grammes, soit 6 cuillères à café, par jour) pour les sucres libres, car oui, à faible dose, le sucre serait bénéfique pour notre santé.

 

Le terme « sucre » au sens de l’industrie agroalimentaire

Dans le secteur agroalimentaire, l’utilisation de la mention « sucre(s) » dans l’étiquetage nutritionnel désigne tous les glucides ayant un pouvoir sucrant, notamment le fructose, saccharose, glucose, maltose et lactose. Les glucides se divisent eux-mêmes en deux groupes, les glucides simples, au goût sucré, et les glucides complexes, qui n’ont pas la saveur sucrée. D’une manière générale, les autorités sanitaires recommandent de consommer plus de ces derniers que des glucides simples, les deux cumulés devant représenter approximativement 50% de la ration énergétique totale.

 

L’obsolète distinction entre sucres rapides et sucres lents…

On a longtemps opéré une distinction entre ces deux groupes basée sur la vitesse d’assimilation de chacun par l’organisme, considérant que les glucides simples étaient plus rapidement digérés que les glucides complexes, d’où leurs appellations respectives de sucres rapides et sucres lents. Pourtant on estime maintenant que la distinction entre les glucides doit être basée sur la vitesse d’absorption réelle par l’organisme. Ainsi les pommes de terre cuites, bien que composées de glucides complexes, provoquent une élévation rapide du taux de sucre dans le sang, et ne peuvent donc stricto sensu être qualifiées de sucres lents.

 

…remplacée par la notion d’index glycémique

L’index glycémique représente la vitesse d’absorption du sucre par l’organisme, et permet de connaître les effets des aliments sur la glycémie (taux de sucre dans le sang). Plus l’index glycémique de l’aliment ingéré est bas, plus le sucre est assimilé rapidement. Diabétiques ou non, ce sont ces aliments que nous devrions consommer en priorité. En effet, les aliments à index glycémique élevé provoquent un pic brutal de glycémie, qui entraîne la sécrétion d’insuline, laquelle répartit le glucose entre nos cellules afin de réguler notre glycémie. L’excès de glucose est stocké sous forme de graisse, ce qui entraîne une prise de poids. De plus, la sécrétion trop élevée et/ou trop fréquente d’insuline a pour effet d’augmenter le risque de diabète.

Le terme « sucre » entendu par les médecins

Si le corps médical comme les autorités sanitaires reconnaissent la nécessité d’un apport en sucre quotidien, cet avis ne concerne pas n’importe quel sucre…Quand on parle de la nécessité du sucre, on entend par là le glucose, qui permet d’apporter l’énergie nécessaire  au bon fonctionnement de nos cellules, et particulièrement notre cerveau et nos muscles.    Et plus l’activité – cérébrale ou physique, donc – est intense, plus nos besoins en glucose sont grands.

 

 

Mais, où trouver ce glucose dont nous avons tant besoin ?

Le glucose est naturellement présent dans notre organisme. C’est également l’un des composants des glucides, contenus dans un certain nombre d’aliments. Une fois digérés, les glucides libèrent le glucose, qui est selon nos besoins soit immédiatement utilisé par notre corps, soit stocké sous forme de glycogène (qui correspond à ce que l’on appelle communément nos « réserves ») dans notre foie ou nos muscles. Le glycogène sera à nouveau transformé en glucose par notre corps, en cas de faim insatisfaite ou d’effort physique intense.

 

Quels sont les dangers du sucre, consommé à l’excès ?

Combiné à une mauvaise hygiène bucco-dentaire, le sucre est responsable de caries. Une consommation excessive de sucre mène inéluctablement à une prise de poids, et augmente les risques d’obésité. Au-delà de ces effets avérés, le sucre est accusé de bien d’autres maux : augmentation du risque de cancer et de maladies cardio-vasculaires, augmentation du risque de diabète…Voilà de quoi réfléchir sérieusement avant de succomber aux plaisirs sucrés!

 

Vous l’aurez compris, le sucre, oui, mais pas n’importe lequel…et pas n’importe comment !

 

Deux gestes simples pour limiter sa consommation de sucre :

Si l’on ne peut (et ne doit !) éviter totalement le (bon) sucre, on peut en limiter la consommation par des gestes simples, tout simplement en cuisinant plutôt qu’en achetant des plats préparés, et en privilégiant les aliments à index glycémique faible, parmi lesquels pourquoi pas des édulcorants naturels (sirop d’agave, stévia, xylitol…), qui permettent de retrouver la saveur sucrée tout en ayant un index glycémique bas.

 

Tous mes remerciements à Franck Debaere, EcoMil (http://www.ecomil.com/fr/), dont l’avis m’a été précieux.

 

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9 thoughts on “LE SUCRE (1/3): Le sucre, cet indispensable poison

  1. Bonjour Marion (c’est Simon), question que je me pose en lisant l’article : comment est calculé l’index glycémique ? c’est la vitesse d’absorption ou c’est aussi le nombre de calories ?

    1. Bonsoir Simon, l’index glycémique est calculé en fonction de la vitesse d’absorption de l’aliment ingéré, sans tenir compte des calories.

      Concrètement, pour le calculer, on fait ingérer à un patient du glucose dilué dans de l’eau, qui sert de référence, avec un index glycémique de 100, et on mesure à intervalles réguliers ce taux.

      Puis, on lui fait ingérer l’aliment dont on veut connaître l’index glycémique, dans des proportions telles qu’il contient autant de glucides que la quantité de glucose initialement ingérée, et on mesure sa glycémie dans les mêmes intervalles de temps que pour le glucose.

      On établit deux courbes représentant l’évolution de la glycémie après ingestion du glucose et après ingestion de l’aliment à tester.

      Puis on divise l’aire sous la courbe glycémie/temps de l’aliment par celle sous la courbe glycémie/temps du glucose, et l’on multiplie le résultat obtenu par 100 afin d’obtenir l’index glycémique.

      1. ah oui c’est précis 🙂 Merci pour ta réponse !
        donc en gros un index glycémique de 50%, veut dire que la vitesse d’absorption du sucre de l’aliment est 2 fois moins rapide que celle du glucose pur. Je me note ça 😉

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