Le WWF se mobilise pour le démantèlement des centrales nucléaires

Rénovation thermique d’un million de logements par an, déblocage de l’éolien, arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2016, abandon de l’exploration des gaz de schiste… La Conférence environnementale organisée par le gouvernement en septembre dernier plantait le décor de ce qu’allait devoir accomplir la France pour sa transition énergétique. Il faut dire que les défis sont grands : les engagements européens imposent, d’ici à 2020, de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, réaliser 20 % d’économies d’énergie et porter la part du renouvelable à 20 % de la consommation d’énergie. Un problème demeure toutefois : le coût.

Avec son Tesen (ou « Fonds pour la transition énergétique et une sortie équitable du nucléaire »), le WWF a peut-être la solution. Il propose de créer un fonds indépendant qui aurait un seul objectif : financer la transition énergétique, et notamment le démantèlement des centrales nucléaires. « Il apparait clairement que les provisions actuellement allouées aux futures dépenses de la filière nucléaire ne présentent pas un degré de sécurité et de liquidité suffisant pour faire face à des dépenses, concernant le démantèlement, qui sont elles-mêmes sous évaluées, note l’organisation. (…) Le WWF France considère qu’il est intolérable de faire prendre à la société française le risque d’assumer cette charge. »

Sa solution : faire que l’énergie nucléaire d’aujourd’hui finance la transition énergétique de demain. C’est un principe de l’économie circulaire. Dans un premier temps, le WWF prévoit d’alimenter son fonds grâce à des sommes provisionnées dans les comptes des opérateurs du nucléaire (EDF, Areva…), puis de prélever quelques centimes sur chaque Kwh d’électricité nucléaire vendue. Le tout permettra au fonds d’atteindre au minimum 300 milliards d’euros.

L’organisation propose une gestion « sûre et transparente » du fonds qui sera géré selon les principes de la finance responsable, et qui pourrait également servir à financer la rénovation thermique, les adaptations de l’éclairage public ou les énergies renouvelables de demain si la France s’oriente vers un mélange énergétique moins centré sur l’atome.

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