L’énergie mondiale n’est ni plus propre ni plus verte qu’en 1990

« Pour la majorité des technologies économisant l’énergie et réduisant les émissions de CO2, la lenteur des progrès est alarmante ». Tel est le constat inquiétant du rapport de l’AIE, intitulé « Identifier les progrès de l’énergie propre ». Non seulement la consommation énergétique mondiale s’envole, mais en plus la quantité de dioxyde de carbone émise pour chaque unité énergétique produite n’a baissé que de 1 % en moyenne depuis vingt-trois ans. En cause ? Principalement l’essor continu du très polluant charbon.
«La quête d’un système énergétique mondial propre est tombé en panne, déplore Maria van der Hoeven, la directrice de l’AIE citée dans l’avant-propos du rapport. Malgré les discours des dirigeants mondiaux, et malgré le boom des énergies renouvelables lors de la dernière décennie, l’unité moyenne d’énergie produite aujourd’hui est, en gros, aussi sale qu’il y a vingt ans. » Pire, le rythme ralentit : entre 1971 et 1990, « l’indice de l’intensité carbone du secteur de l’énergie » de l’agence internationale avait reculé de 6 %. Mais depuis, il stagne, « malgré les engagements politiques de la conférence de Rio de 1992 et du protocole de Kyoto en 1997, ainsi que du boom des technologies renouvelables depuis une décennie ».

Cette situation « reflète la domination continue des combustibles fossiles – notamment le charbon – dans le bouquet énergétique et la lenteur de la montée des technologies moins carbonées », souligne l’AIE. En décembre 2012, l’agence avait déjà indiqué, dans un rapport, que le charbon, énergie de masse qui produit le plus de gaz à effet de serre, rejoindrait le pétrole comme première source d’énergie mondiale dans cinq ans, et devrait le dépasser d’ici à dix ans. L’Inde, et surtout la Chine, expliquent en grande partie ce phénomène, mais, comme le souligne le rapport, même l’Europe peine à s’en priver malgré les inquiétudes environnementales.

Conséquence : on est encore très loin des objectifs intermédiaires fixés pour 2020 du scénario visant à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés en 2100… D’où l’urgence, selon l’AIE, pour les pouvoirs publics, d’accélérer la collaboration internationale et les investissements en matière de Recherche & Développement en faveur des énergies propres.

Crédit photo : © Danicek – Fotolia.com

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