Les Français moins écolos en temps de crise ?

La crise, frein ou accélérateur de la consommation responsable ? C’est la question que pose Ethicity, cabinet de conseil en développement durable, à l’occasion de la publication de son enquête 2013 sur les attentes, sensibilités et comportements des Français en matière de consommation responsable, de développement durable et de RSE.

« Dans un contexte de perte de confiance dans l’avenir et dans les acteurs de la société, on avance malgré tout, note Elizabeth Pastore-Reiss, présidente du cabinet Ethicity. Pour cela, les consommateurs ont besoin d’être rassurés sur les fondamentaux des produits : sécurité, traçabilité, qualité. Même si la confiance dans les entreprises baisse, ils attendent de celles-ci qu’elles les aident à faire les bons choix. Les arbitrages nécessaires avec la crise se font en préservant l’essentiel. La consommation responsable résiste, « l’achat malin » et la prise de conscience du gaspillage alimentaire progressent alors que les enjeux environnementaux passent au second plan. »

Ainsi, si seulement 43% des personnes interrogées se déclarent concernées par l’avenir de la planète, soit 5,5 points de moins qu’en 2012, elles sont 88% à privilégier les entreprises ayant une implantation locale et 31% à considérer que consommer  « malin », c’est éviter les intermédiaires. Echaudés par les scandales alimentaires et les licenciements dans les grandes entreprises, 77% des Français interrogés déclarent faire plus confiance aux petites entreprises qu’aux grandes.

La plus grosse progression par rapport à l’étude de l’an dernier ? Elle concerne le gaspillage : 31% des sondés disent ne jamais jeter les fruits et légumes qui n’ont plus l’air frais, contre 19% en 2012. Un geste écologique motivé par des raisons financières : la principale préoccupation des Français est désormais le coût de la vie (pour 26% des personnes interrogées), suivi par le chômage et la précarité.

Les préoccupations individuelles, comme la santé, la sécurité et le pouvoir d’achat, prennent le pas sur la volonté de préserver la planète. Le changement climatique est ainsi cité comme principale préoccupation environnementale par seulement 27% des sondés, alors que la pollution, qui touche les Français plus directement, caracole en tête des sujets d’inquiétude. En bref, comme le souligne l’enquête d’Ethicity, l’écologie est de plus en plus remplacée par l’egologie.

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