Les laits végétaux : l’or blanc des gourmands !

De plus en plus nombreux dans les rayons des supermarchés, et présents depuis longtemps dans les boutiques d’alimentation biologique, les laits végétaux intriguent curieux et gourmands. Lequel choisir pour pâtisser ? Pour accompagner le petit noir du matin ? Qu’apportent-ils au consommateur ?

Je vous explique comment vous repérer et faire vos courses en toute sérénité :

Lait végétal : quand le dictionnaire s’en mêle

Si nous nous référons au très sérieux site du CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), le lait est un « liquide physiologique, blanc, opaque, légèrement sucré, de densité supérieure à celle de l’eau, sécrété par les glandes mammaires de la femme et des mammifères femelles ». Partant de cette définition, il est clair que la dénomination de « lait végétal » est en fait un abus de langage. Lait de noisettes, d’amandes, de soja, etc … Point de mammifères à l’horizon. L’Union Européenne a d’ailleurs jugé cette expression illégale ; c’est pourquoi vous trouverez la mention « boisson de riz » (par exemple) sur les emballages et non « lait de riz ».

Boisson végétale ou lait végétal (l’expression persiste malgré tout) : de quoi s’agit-il ? Comme son nom l’indique, le lait végétal est … dépourvu de substances animales, et pour cette raison, il convient parfaitement aux personnes suivant une alimentation végétalienne. C’est une boisson réalisée à partir de céréales, d’oléagineux ou encore de légumineuses, qui constitue une alternative nutritionnellement intéressante aux laits d’origine animale (vache et brebis notamment).

 

Un intérêt nutritionnel non négligeable

Boire du lait végétal, c’est l’occasion de mettre à l’honneur des aliments que nous consommons peu, ou trop peu. La FAO (l’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) avait, pour l’anecdote, lancé un programme en 2016 afin de sensibiliser le public à la consommation de légumineuses, ces grandes oubliées de nos assiettes. Le lait végétal rend « sexy » la consommation de ces petites graines et nous permet de profiter de tous leurs bienfaits.

Premièrement, cela donne la possibilité aux personnes désireuses de limiter (ou d’arrêter) la consommation de lactose, d’avoir une alternative, que ce soit pour le petit déjeuner (dans le bol de muesli, le porridge ou encore le yaourt) ou la réalisation de recettes sucrées ou salées (la pâte à crêpes, la béchamel, etc …). Certaines boissons végétales sont exemptes de gluten (noisettes, riz, …).

Ensuite, il existe une très large gamme de boissons végétales sur le marché et, outre l’aspect gourmand de ces produits, il est possible de les choisir selon leurs bienfaits nutritionnels. Prenons quelques exemples : le lait de soja, qui est le plus connu, est très riche en calcium et en protéines. Le lait d’amande, quant à lui, est nutritif et antiseptique pour les intestins, il contient des vitamines A, B et E, du calcium, du fer et du magnésium en grande quantité et des fibres. Le lait de noisettes se caractérise par sa richesse en fer et en acides gras mono-insaturés (protection des maladies cardio-vasculaires). Le lait de riz est le lait de céréale le plus doux et le plus digeste. Il apporte du silicium, constituant essentiel des os et cartilages, qui permet la bonne fixation du calcium et du magnésium. Le lait de châtaigne, de par sa constitution, a la propriété d’alcaliniser l’organisme.

Enfin, on peut aussi opter pour telle ou telle boisson en fonction de ce qu’on souhaite en faire, tout simplement. Ainsi, le lait de riz est-il particulièrement bien adapté à la pâtisserie, celui de soja pour la préparation de yaourts maison.

 

Parlons éthique :

Parler de lait, c’est avant tout, nous l’avons dit, évoquer l’animal. Je pense qu’il est essentiel de comprendre, en tant que consommateur, les enjeux et les conditions de « production » de lait, dans l’industrie laitière. Je me suis aperçue, au fil des conversations que je peux avoir avec les gens, que peu d’entre nous savent réellement comment cela fonctionne. Un préalable évident (du moins en apparence) à la production de lait : la gestation (nous dirions « grossesse » dans le cas du lait maternel). Parce que, oui, l’organisme des animaux (vaches, brebis, …) fonctionne comme celui de la Femme, à savoir : le processus de lactation ne peut se déclencher qu’à partir du moment où un bébé arrive. Car ce lait servira à le nourrir.

Dans l’industrie agro-alimentaire, cela se traduit par une insémination de la vache (des inséminations à répétition en réalité, d’où l’expression « vache à lait »), pour qu’elle puisse mettre bas et ainsi produire du lait. Le veau, ne pouvant bénéficier du lait de sa maman (qui partira pour la consommation humaine), sera lui, envoyé dans un élevage pour la production de viande.

Les laits végétaux offrent ici une alternative intéressante aux personnes véganes et / ou respectueuses des animaux (mais pas que !).

  

Le mythe des protéines et du calcium

Les lobbys laitiers, à l’origine des messages nutritionnels que nous recevons, vantent la richesse en protéines et en calcium des produits laitiers. Ce qui n’est pas faux ! Mais il faut également savoir que ces mêmes produits ont la particularité d’être acidifiants pour l’organisme … ce qui peut causer une déperdition de calcium. Un comble ! De nombreuses études mettent en évidence le lien entre consommation de lait (Europe vs Asie) et le taux d’ostéoporose des populations. Les courbes ne sont pas forcément celles que l’on imagine … malgré la croyance populaire selon laquelle nous associons, presque instinctivement, lait et renforcement des os.

C’est sans compter sur les laits végétaux qui peuvent apporter naturellement des protéines et du calcium ou alors être enrichis pour gagner en intérêt nutritionnel.

Elargir le champ des possibles (culinaires !)

Utiliser les laits végétaux en cuisine, c’est voir se dessiner devant soi de nouvelles contrées ! Place à l’imagination et à la créativité ! A l’instar des huiles ou des épices, les boissons végétales viennent apporter leur saveur et leur singularité dans chacun de vos plats ! Le petit goût de noisettes dans la pâte à crêpes, le goût subtil de la coco dans la quiche, le lait d’amandes dans le moelleux au chocolat … Il y en aura pour toutes les papilles !

 

Atelier DIY : ou comment préparer le lait végétal soi-même

D’un point de vue économique, le lait végétal n’est pas non plus comparable à une brique de lait (de vache). En grand surface, s’il faut compter environ 1€ la brique de lait, il faudra en moyenne le double pour l’option végétale (le soja étant le moins cher). Certaines boissons végétales seront même proposées à plus de 3€ le litre dans les magasins d’alimentation biologique.

L’astuce ? Le « fait-maison » ! Rapide et économique, le DIY a tout bon. Vous pouvez, comme moi, vous équiper d’un appareil très pratique, le Chufamix ou utiliser votre blender, tout simplement. Pour le cas du lait de coco (mon préféré, très gourmand et sans sucre ajouté), il suffit de mixer de la noix de coco râpée avec 1L d’eau chaude pendant environ 2 minutes. On distingue alors 2 parties, l’une liquide (le lait que l’on filtre pour le mettre en bouteille), et l’okara qui est constituée des résidus de coco. Personnellement, je garde l’okara pour l’ajouter dans mes préparations de pâtisserie, dans lesquelles elle remplace avantageusement la matière grasse (le beurre, le jaune d’œuf, l’huile, …), sinon elle rejoint le compost. La quantité de coco dépendra du lait, plus ou moins gras, que l’on souhaite obtenir. Avec 50g pour 1L, le lait est tel qu’on peut le trouver en magasin.

Si vous avez opté pour le Chufamix, l’opération n’en sera que simplifiée : il suffit de déposer une poignée de céréales, d’oléagineux ou encore de légumineuses dans le tamis, d’y ajouter 1L d’eau chaude et de mixer le tout en y insérant le mixeur plongeant. Le système en 2 parties permet de séparer efficacement le lait et l’okara.

En bref, testez par vous-même l’expérience « lait végétal » et forgez votre avis ! Ne vous arrêtez pas à un goût que vous n’aurez pas apprécié, la gamme est tellement riche, variez les recettes et les plaisirs.

 

Stéphanie B.

www.la-veganista.fr

 

 

 

 

 

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