Les pouvoirs secrets des plantes

Elles calculent
En étudiant l’arabette des dames (Arabidopsis thaliana), une équipe du John Innes Centre, un organisme de recherche spécialisé dans la botanique, a prouvé que les plantes calculaient. En journée, elles utilisent l’énergie solaire pour fabriquer de la matière organique (photosynthèse), puis elles stockent de l’amidon. La nuit, elles puisent dans leurs réserves pour continuer à vivre. Ainsi, la nuit, l’arabette des dames consomme 95% du carbone du CO2 qu’elle a stocké. Mais comment réagit-elle lorsque le cycle jour/nuit est perturbé ?

Pour le savoir, les chercheurs ont tout d’abord modifié la durée de la journée (8, 12 ou 16 heures) alors que les  plantes étaient habituées à un régime de 12h jour / 12h nuit. Systématiquement, l’arabette des dames s’adaptait et terminait la nuit avec ses 5 % d’amidon. Autre expérience : réduire l’intensité de l’ensoleillement pour que la plante synthétise moins de glucides en journée. Résultat : l’arabette des dames les consommaient de manière linéaire la nuit. Le constat fut le même lorsque la nuit a été coupée en deux : la plante s’est adaptée.

Les chercheurs en ont donc conclu que l’arabette des dames savait soustraire et diviser, et qu’il existait sans doute une interaction chimique entre 2 molécules, une capable de dire à la plante le temps restant avant l’aube, et une autre dont la concentration est proportionnelle à la quantité d’amidon en stock. Leurs résultats ont été publiés le 25 juin dernier dans la revue eLife.

Elles communiquent entre elles
Par les racines, par des récepteurs, par des signaux chimiques… Les plantes communiquent entre elles, repèrent celles de leur famille et peuvent même mettre au point des stratégies de défense lorsqu’elles sont attaquées par des insectes ! Pour sa survie, le fenouil est ainsi capable d’émettre de puissants signaux chimiques pour empêcher la croissance de certains de ses voisins ou les tuer. Une équipe italo-australienne a aussi prouvé dans PLoS ONE que les graines de piment germaient plus vite et que les pousses étaient plus grandes lorsque la plante se trouvait à proximité d’un fenouil, même dans des boites fermées et masquées par un revêtement noir. Comportement typique d’une plante en compétition.

Elles perçoivent leur environnement
Dans une interview accordée au magazine Pour la science, Bruno Moulia, directeur de recherche à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), explique que « les végétaux comme les animaux perçoivent les forces qui s’exercent sur leur organisme par la déformation des cellules. De la sorte, une plante qui est courbée par le vent perçoit la déformation et adapte sa croissance en conséquence. D’un point de vue évolutif, l’un des enjeux est de réagir avant qu’il ne soit trop tard. »

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