L’Europe cible 3 insecticides mortels pour les abeilles

Un soulagement pour les défenseurs des abeilles, une menace financière et sociale pour les opposants au dossier. L’interdiction d’utiliser trois insectidides néonicotinoïdes (la Clothinidine, le Thiametoxam et l’Imidaclopride – commercialisés par Bayer et Syngenta) pendant certaines périodes de l’année, est loin d’avoir fait l’unanimité. Quinze pays, dont la France et l’Allemagne, ont voté pour cette interdiction, tandis que huit autres, dont le Royaume-Uni, l’Italie et la Hongrie, s’y sont opposés.

Il faut dire que l’industrie et les lobbies agricoles ont exercé de fortes pressions pour contrer le projet, jouant notamment la carte des menaces sur l’emploi. Le Copa-Cogeca, l’organisation des grands syndicats agricoles européens, chiffrait ainsi à 2,8 milliards d’euros les pertes engendrées par cette mesure qui mettrait en péril 50 000 postes. La Commission européenne a donc du faire plusieurs concessions, comme de différer l’interdiction du 1er juillet au 1er décembre pour les semences traitées.

Les études qui prouvent la nocivité de ces produits chimiques sur les butineuses ne manquent pourtant pas. Dans un communiqué du 27 mai dernier, l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) indiquait que « l‘insecticide fipronil pose un risque aigu élevé pour les abeilles lorsqu’il est utilisé en tant que traitement des semences de maïs. » En 2012, une enquête conduite par Mickaël Henry, de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), avait également prouvé que le  thiamethoxam provoquait des troubles de l’orientation chez les abeilles, ce qui les empêchaient de retrouver leur ruche ou de se nourrir convenablement.

« Les abeilles sont vitales pour notre écosystème et elles doivent être protégées, d’autant qu’elles apportent une contribution annuelle de 22 milliards d’euros à l’agriculture européenne »,
a rappelé Tonio Borg, le commissaire en charge du dossier. Elles sont aussi essentielles pour l’homme, puisque 80 % des espèces végétales (fruits, légumes…) ont besoin des abeilles pour être fécondées. Or, le taux de mortalité dans les ruches est passé de 5 % dans les années 90, à 30 % aujourd’hui. Et dans certaines régions de Chine où les abeilles ont pratiquement disparu, les hommes sont obligés de polliniser manuellement…

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