L’Europe facilite l’importation d’OGM

MON 87460, MON 87708, GT 73… Ces noms barbares pourraient bientôt finir dans votre assiette. Le 24 avril dernier, la Commission européenne a donné son feu vert à l’importation et la commercialisation de 19 OGM : 17 sont destinés à l’alimentation animale ou humaine (soja, maïs, colza), et 2 sont des fleurs (oeillets). A défaut de faire l’unanimité au sein de l’Union Européenne, ces demandes d’autorisation étaient en attente depuis plusieurs années ; 19 États membres -dont la France- s’y opposaient fermement. Pour débloquer la situation, Bruxelles a dû trouver un compromis : faciliter l’importation de ces OGM au niveau européen, mais laisser à chaque État la liberté d’en interdire l’utilisation sur son territoire.

Le problème, c’est que cette décision ne satisfait presque personne, surtout chez les défenseurs de l’environnement. Ainsi, les représentants d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont dénoncé « un leurre », expliquant que « les porcs et les jambons produits avec des aliments transgéniques en Pologne ou en Espagne se retrouveront sans aucune difficulté dans les rayons des grandes surfaces des autres pays. Il n’y aura en effet aucune possibilité de mettre en place des contrôles efficaces. » De son côté, l’association Greenpeace a critiqué le fait « de sacrifier les intérêts des Européens sur l’autel de l’accord de libre-échange avec les États-Unis » (11 OGM appartiennent à la firme américaine Monsanto).
Pour d’autres raisons, les États-Unis ont également fait part de leur déception : Dan Mullaney, représentant adjoint pour le commerce américain, a ainsi estimé que ce n’était « pas un remède de proposer aux États membres de pouvoir interdire des produits qui ont été jugés sans risques par les propres scientifiques de l’Union européenne. »

Seuls les représentants du secteur transgénique se réjouissent de cette nouvelle réforme. EuropaBio, une association de producteurs de biotechnologies, a même rappelé que plus de 40 demandes d’OGM supplémentaires étaient encore en attente.
A ce jour, 75 types d’OGM sont commercialisés en Europe. Un seul est autorisé pour la culture, le maïs MON810 de Monsanto, presque exclusivement planté en Espagne et au Portugal.

Crédit photo : smereka / Fotolia

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