L’interdiction des sacs plastique reportée à mars

Vingt minutes d’utilisation et plusieurs siècles pour se dégrader dans la nature. Les sacs plastique à usage unique ne seront bientôt plus distribués aux caisses des supermarchés. Objectifs : réduire la dépendance à l’industrie pétrolière et lutter contre la pollution engendrée par les 8 milliards de sacs abandonnés chaque année dans la nature en France. « Ces sacs sont ingérés par les animaux marins et les oiseaux, rappelait en décembre dernier le ministère de l’Ecologie. Le cas le plus emblématique est celui des tortues marines, qui confondent les sacs plastique avec des méduses : 86 % des espèces de tortues marines sont touchées par ce phénomène. »

Une mesure prévue par la loi sur la transition énergétique
Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, avait donc fait de l’interdiction des sacs plastique l’une des mesures emblématiques de sa loi sur la transition énergétique. Une mesure qui devait prendre effet au 1er janvier dernier… mais c’était sans compter sur l’intervention de la Commission européenne qui a décidé de bloquer la publication du décret. La Commission souhaite « vérifier que la mesure ne comprend pas de risques juridiques, et éviter les recours » notamment du côté des fabricants de sacs, a expliqué un porte-parole du ministère de l’Ecologie. Des précisions sur « la taille, le poids, le type de sacs concernés » devront être fournies d’ici le 28 mars.

Prochaine étape : les emballages pour fruits et légumes
Pour la Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution (FCD), ce délai ne changera pas grand-chose car les enseignes ont anticipé la mesure. « Un accord volontaire a été mis en place dès 2003, et depuis, le nombre de sacs distribués est passé de 10,5 milliards à 600 millions (par an), soit une baisse de 94 % », explique la fédération. Beaucoup de magasins ont aussi choisi de faire payer les sacs à leurs clients pour les inciter à changer leurs habitudes. La plupart d’entre eux se sont bien adaptés : sacs biodégradables en matière végétale, cabas, sacs en tissu pliable… De plus en plus de consommateurs viennent avec leur propre sac pour faire les courses.

La publication du décret ne sera qu’une première étape avant l’interdiction, en 2017, de distribuer les autres sacs plastiques jetables (sauf les biodégradables), fournis pour les fruits et légumes ou le fromage. Une mesure qui réjouit déjà les entreprises françaises comme Sphère ou Limagrain, pionnières dans le domaine des bioplastiques. D’après le ministère de l’Ecologie, 3.000 créations d’emplois pourraient voir le jour dans cette filière en France.

Photo : mariesacha / fotolia

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