L’odyssée de Solar Impulse, le premier avion solaire

« Les grands exploits du 20e siècle ont été des conquêtes : les Pôles, l’Everest, les Abysses, la Lune. Ceux du 21e siècle, à mon avis, devraient consister beaucoup plus à préserver, voire améliorer la qualité de vie sur notre planète. Comment concilier intérêts économiques et écologiques, promouvoir l’utilisation de nouvelles technologies pour économiser l’énergie et créer des sources alternatives ? Solar Impulse est un symbole de cet état d’esprit », lançait Bertrand Piccard, aéronaute et initiateur du projet, au début de l’aventure.

L’idée d’un avion sans carburant lui est venue en 1999 lors du premier tour du monde en ballon qu’il a réalisé avec Brian Jones. Dès 2001, il demande à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne de mener une étude de faisabilité d’un avion solaire, et en confie la direction à André Borschberg, ingénieur et pilote de chasse. Les résultats concluants permettent d’annoncer officiellement le lancement du projet en novembre 2003. Après 4 ans de recherches, Bertrand Piccard et André Borschberg présentent le design final du prototype, immatriculé HB-SIA. 

Le premier vol a lieu trois ans plus tard, le 7 avril 2010, sur l’aérodrome de Payerne (Suisse). Le prototype décolle devant plusieurs milliers de spectateurs, puis vole pendant 87 minutes, atteignant l’altitude de 1600 mètres. Rapidement, l’équipe décide de relever le défi pour lequel le HB-SIA a été construit : voler de nuit grâce à la seule énergie du soleil. C’est en juillet de la même année que ce vol exceptionnel de 26 minutes est réalisé. « Cette étape était indispensable pour crédibiliser le discours que nous tenons depuis des années en faveur des énergies renouvelables et des CleanTechs », précise Bertrand Piccard. Après plusieurs vols réussis en Europe, le Solar Impulse a commencé en mai 2013 une traversée des Etats-Unis d’ouest en est. Son record en distance a été battu lors de la deuxième étape de son voyage : 1 541 kilomètres sans escale.

« Solar Impulse n’a pas été construit pour transporter des passagers, mais pour transporter des
messages
, conclut Bertrand Piccard. Nous voulons démontrer ce qu’il est possible de faire aujourd’hui avec les technologies propres pour réduire la dépendance de notre société aux énergies fossiles. Ce que nous réussissons dans les airs, tout le monde peut le faire sur terre, dans sa vie de tous les jours. »



 

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