Partez pour un tour de France des alternatives

D’où est venue l’idée d’un tel voyage ? 
D’abord d’un triste constat sur la situation actuelle, avec l’explosion des inégalités, la destruction de la planète, la souffrance au travail… Et en parallèle, je sentais un sentiment d’impuissance chez beaucoup de gens, alors que je voyais tous les jours de beaux projets se concrétiser partout en France. Je voulais condenser ces initiatives, et je me suis dit que le meilleur moyen d’y arriver était de partir à la rencontre de ces « révolutionnaires de l’ombre » qui méritent d’être médiatisés.

Dans quels domaines agissent-ils ?
Dans tous les domaines ! Cela peut aller de la consommation locale à la vie politique en passant par l’auto-construction de logements. D’une manière générale, les citoyens pensent qu’en votant, ils ont fait leur devoir, mais il ne faut pas s’arrêter au vote et se saisir des questions qui nous concernent : le logement, l’alimentation, la culture, l’éducation… Le problème aujourd’hui est que le travail est central et nous laisse peu de temps pour réfléchir à notre condition, cultiver un potager, prendre soin de sa famille, ou s’investir dans la vie politique locale. Mon but est de donner l’envie d’agir, localement. De montrer que le changement est une possibilité, mais aussi un devoir.

Vous dites partir « sur la route des utopies concrètes ». Ces alternatives sont-elles réalisables à grande échelle ou utopistes ?
Certes, une utopie, par définition, n’existe pas, mais c’est ce vers quoi on doit tendre. Si on se dit qu’une vie meilleure n’est pas possible, on arrête d’agir en attendant que la situation se dégrade. Or, les alternatives dont je parle existent déjà ! Elles marchent et sont tout à fait transposables ailleurs. Mais j’ai choisi de rester en France pour montrer que, juste à côté de chez nous, les choses bougent. Un événement tragique qui se passe à l’autre bout du monde (comme l’effondrement de l’usine textile au Bangladesh), même s’il nous concerne en tant que consommateur, aura peu d’impact sur nos comportements. Alors que si on relocalise l’économie, la prise de conscience sera plus forte et plus rapide. D’abord, parce qu’on verra les conséquences directes de nos actes, et ensuite, parce qu’on réalisera qu’on peut agir concrètement.

A titre personnel, quel thème vous intéresse le plus ?
Je me passionne pour l’aspect politique et démocratique. Dans plusieurs villages français, par exemple, des instances de démocratie directe ont été mises en place. Les habitants se rassemblent une fois par mois et décident du jour de ramassage des poubelles, de l’approvisionnement énergétique de la ville, ou de l’installation d’une station d’épuration. La mairie n’est alors plus qu’un exécutant. C’est pour moi la politique au sens noble du terme, c’est se réapproprier nos vies, ce qui nous concerne. Après, je pense que la thématique la plus centrale de mon voyage sera l’alimentation, car beaucoup d’aspects de la vie tournent autour de ça, et que c’est là où il y a le plus d’actions concrètes menées (les circuits courts, les échanges de graines anciennes, l’agriculture urbaine, les jardins partagés…).

 Plus d’infos : www.tourdefrancedesalternatives.fr

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