Perturbateurs endocriniens : alerte sur les produits de beauté et d’hygiène

Jouets pour enfants, emballages alimentaires, produits d’entretien, meubles, peintures… Plusieurs études ont révélé la présence de perturbateurs endocriniens dans une vaste liste de produits de consommation. Dans son enquête publiée en avril, l’UFC-Que Choisir en a trouvé cette fois-ci dans notre salle de bain, sous la forme de conservateurs, d’antibactériens, de filtres solaires et d’émollients présents dans les produits de beauté et d’hygiène corporelle.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), considèrent les perturbateurs endocriniens comme une menace pour la santé, du fait par exemple de leur impact sur la fertilité ou les troubles neurocomportementaux. Ces substances sont aussi suspectées d’être liés à l’augmentation du nombre de cancers dits hormono-dépendants, principalement ceux du sein et de la prostate.

« Alors même que ces molécules peuvent avoir un effet hormonal à des concentrations infimes, certains fabricants continuent à les incorporer dans les produits cosmétiques, regrette l’association de consommateurs. L’exposition à ces molécules est encore accrue lorsque l’on utilise différents produits comportant la même molécule et dont les doses s’additionnent pour atteindre un niveau de risque significatif. » Un exemple ? Le triclosan, un antibactérien pour lequel l’UFC-Que Choisir a trouvé des teneurs acceptables sur les dentifrices et les déodorants pris isolément, mais qui atteignent un niveau de risque significatif pour une utilisation combinant les deux produits. Le problème est encore plus marqué dans le cas du propylparaben, un conservateur retrouvé dans pas moins de neuf familles de produits cosmétiques et d’hygiène.
 
En conclusion de son enquête, l’UFC-Que Choisir demande à la Commission européenne, qui planche sur une révision de sa stratégie sur les perturbateurs endocriniens, de « diligenter des recherches indépendantes sur l’impact de ces molécules sur le long terme ». Mais aussi de renforcer dès à présent le cadre réglementaire en prenant en compte « l’effet cocktail » de ces molécules dans l’évaluation de la toxicité des produits. L’association veut enfin obliger les professionnels à réaliser des étiquetages complets sur la composition réelle de leurs produits, et de retirer de leurs formulations les molécules ayant des effets de perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés, afin de réduire les quantités totales auxquelles sont exposés les consommateurs.

Crédit photo : © Africa Studio – Fotolia.com

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