Pesticides : les Français plus fortement exposés

Laver les fruits et les légumes pour les débarrasser des résidus de pesticides, c’est bien. Si ce geste est devenu une habitude pour nombre de Français, il demeure néanmoins insuffisant. En témoigne le rapport publié fin avril par l’Institut national de veille sanitaire (InVS). Pour la première fois, les niveaux moyens de pesticides présents dans la population ont été mesurés. Résultats des courses : l’exposition est relativement plus élevée en France, par rapport à d’autres pays aux conditions de vie comparables, comme les États-Unis, le Canada, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni. 

Trois familles de pesticides ont été prises en compte:
– Les pesticides organochlorés. Ces produits aux propriétés fongicides et antimicrobiennes sont pour la plupart interdits aujourd’hui, mais ils persistent longtemps dans l’environnement.
– Les pesticides organophosphorés. Développés dans les années 1970, ils sont très efficaces contre les insectes, mais peuvent être très toxiques si l’individu est exposé à une forte dose.
– Les pesticides pyréthrinoïdes. Ces insecticides sont utilisés en agriculture, horticulture, dans le domaine forestier, dans les hôpitaux, dans les constructions publiques et commerciales, mais aussi à un niveau domestique, pour protéger les plantes et les textiles. Ils sont aussi présents dans les diffuseurs antimoustiques.

Contrairement à une idée reçue, la contamination ne se fait pas uniquement via l’alimentation, mais elle s’explique aussi par l’usage domestique de ces produits. Les pyréthrinoïdes servent couramment pour traiter le potager ou pour protéger les animaux de compagnie contre les puces. La proximité de vignes favorise quant à elle l’exposition aux organophosphorés.

Quel impact sur la santé ? L’exposition chronique aux organophosphorés et aux pyréthrinoïdes peut attaquer le système nerveux, provoquant des troubles de la sensibilité, des fourmillements, des vertiges, jusqu’à des convulsions dans les cas les plus graves. Les pyréthrinoïdes sont également soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.

L’étude de l’InVS s’est enfin penchée sur les PCB, aussi appelés pyralènes. Même si la production de ces produits, autrefois utilisés dans les transformateurs électriques et certaines encres et peintures, est interdite depuis 1987, ils sont encore présents dans des cours d’eau contaminés. Par ce biais, ils migrent dans les graisses animales (poissons, viande, produits laitiers), ensuite ingérées par l’homme. La France se distingue par un taux excessif de PCB chez 13% des femmes en âge de procréer. Des résultats à améliorer quand on sait que les pyralènes peuvent perturber le développement psychomoteur de l’enfant, pendant la grossesse ou par l’allaitement.

Crédit photo : © Aradan – Fotolia.com

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