Pesticides : quelles alternatives pour les vignes ?

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Ces derniers mois, les détracteurs des pesticides auront connu plusieurs victoires, avec l’interdiction du Diméthoate (jugé trop dangereux pour l’homme) au 1er février, suivie de l’interdiction de trois pesticides néonicotinoïdes (estimés responsables de l’extinction des abeilles et autres pollinisateurs) prévue au 1er septembre 2018.

Pour autant, la France fait figure de mauvais élève en la matière, étant le premier consommateur de pesticides en Europe, alors même que ceux-ci ne sont pas sans conséquences sur la santé des agriculteurs, sans compter celle des habitants alentours. Leur usage est notamment très répandu pour traiter les vignes, qui sont sujettes à de nombreuses maladies.
 
Vignes : pourquoi tant de traitements ?
 
Au XIXe siècle, le phylloxera, hémyptère apparenté aux pucerons en provenance des Etats-Unis, a ravagé les vignes européennes. Il aura fallu plus de trente ans pour venir à bout des ravages causés par cet insecte, en utilisant des porte-greffes issus des vignes américaines, qui lui résistent naturellement.
 
Aujourd’hui, même si le phylloxera ne représente plus de danger pour les vignes, elles n’en demeurent pas moins exposées à de multiples agressions : la liste des insectes susceptibles d’être nuisibles aux vignes est longue, sans compter les champignons.
 
C’est pourquoi les pesticides ont longtemps eu le vent en poupe en viticulture, réputée en être la principale consommatrice dans le domaine agricole : chaque année, les vignes reçoivent en moyenne entre 8 et 18 traitements !
 
La quantité la plus importante de ces traitements est dévolue à l’utilisation de fongicides pour lutter contre le mildiou et l’oïdium, dont les attaques, si elles se répètent, peuvent anéantir les récoltes. Concernant les insectes, l’utilisation de pesticides n’est pas toujours de mise en revanche.
 
Insectes : des pesticides, oui, mais pas toujours !
 
A ce jour, aucune alternative aux pesticides n’a été trouvé pour lutter contre la cicadelle, qui transmet aux vignes la flavescence dorée. Cette maladie contagieuse est tellement grave pour les vignes que tous les ans un arrêté préfectoral détermine si elles doivent être traitées ou non. Si c’est le cas, les insecticides doivent être utilisés dans tout le département, de manière préventive, et il est impossible de s’y soustraire sous peine de s’exposer à des poursuites judiciaires, comme ce fut le cas d’Emmanuel Giboulot.
 
En revanche, si des insecticides existent pour lutter contre les Eudémis et Cochylis, plus connues sous le nom de tordeuses de vignes, une méthode plus naturelle peut être mise en oeuvre. Il s’agit de la confusion sexuelle, qui consiste à poser à intervalles réguliers des pièges à phéromones, lesquels brouillent la communication entre mâles et femelles, empêchant leur reproduction. C’est cette méthode qui a été récemment mise en place sur plusieurs centaines d’hectares dans les prestigieux vignobles de Saint-Estèphe.
 
De l’utilité d’une conversion au bio
 
Ne pas traiter ses vignes, c’est accepter le fait que la production de vin sera moindre. Pourtant, de plus en plus de viticulteurs choisissent de convertir leur domaine au bio (l’année dernière, ils représentaient environ 8% des domaines viticoles en France).
 
Les standards de l’agriculture biologique proscrivant l’usage de pesticides chimiques à tous les stades de l’élaboration du vin, le viticulteur bio devra adopter une approche différente, en s’adaptant à son environnement et en étudiant son fonctionnement pour y puiser des solutions propres aux problèmes qu’il rencontre.
 
Ainsi, s’il lui sera impossible d’anticiper l’attaque de l’oïdium ou du mildiou, il pourra en limiter la propagation notamment en évitant les entassements.
 
La lutte contre certains insectes pourra passer quant à elle par la réintroduction ou le maintien d’une population de prédateurs suffisante (les typhlodromes sont friandes des acariens, les coccinelles des pucerons…) ou la pose de pièges à hormones.  
 
@mariongreenweez

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