Pesticides, quels dangers pour la santé ?

Faut-il être en contact direct avec des pesticides pour être exposé à leurs effets nocifs ?

La réponse est non, d’après une étude de l’ONG Générations Futures révélée le 19 février dernier. Les résultats sont clairs : il y a onze fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les salariés viticoles que chez les riverains habitant loin des vignes. Plus de 45% des « molécules retrouvées sont classées cancérigènes possibles en Europe et aux USA », et « plus de 36% sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens », précise Générations Futures.

Rappelons que les pesticides, utilisés pour combattre les ennemis des plantes et des cultures, sont largement présents dans nos aliments. Près de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive en contiennent. Un exemple ? Une pomme est traitée en moyenne avec… 35 pesticides différents! Et la France est le premier consommateur de pesticides d’Europe. Quels effets sur notre santé ? Les études sur l’homme restent rares, la plupart ont été effectuées sur les animaux à de très fortes doses d’exposition. Le risque le plus mis en avant ? Les perturbations hormonales que les pesticides entraîneraient. Ils seraient ainsi responsables de dérèglements des systèmes immunitaires, nerveux et reproducteurs. Les pesticides sont également soupçonnés de jouer un rôle dans l’apparition de la maladie de Parkinson, de cancers ou encore d’asthme.

Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), quasiment tous les aliments consommés en Europe (98,4%) sont sous le seuil du maximal autorisé de pesticides. Les contrôles menés en 2010 dans les 27 pays membres de l’Union européenne ont porté sur 500 types différents d’aliments, dont des aliments issus de l’agriculture biologique, qui ont fait l’objet d’une détection à 982 pesticides. Le rapport de l’EFSA publié le 12 mars dernier indique que les aliments qui ont présenté les plus forts dépassements étaient l’avoine, les laitues, les fraises et les pêches. Il précise également que les résidus de produits chimiques détectés dans les aliments ne présentent « pas de risque à long terme » pour la santé des consommateurs. 

Les abeilles, elles, ont moins de chance. Pour la première fois, l’EFSA a clairement mis en cause une famille de pesticides, les « néonicotinoïdes », pour expliquer leur surmortalité. Alors que les apiculteurs demandent leur interdiction totale, le plan proposé par la Commission européenne, instaurant un moratoire de deux ans sur trois pesticides de la famille des néonicotinoïdes, n’a toujours pas été accepté. En attendant, d’après le documentaire « Des abeilles et des hommes », de Markus Imhoof, ce sont 50 à 90% des essaims d’abeilles qui ont disparu à travers le monde, notamment en raison des pesticides. 

Crédit photo : générations-futures.fr

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