Pourquoi les attaques de requins se multiplient-elles?

Leur environnement change
Depuis 2011, le programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’Habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de La Réunion), lancé par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), étudie les requins de l’île. Les premiers résultats, parus en août 2012, indiquaient que « la turbidité (baisse de la transparence de l’eau), la qualité des eaux et l’apport en matière organique qui enrichit globalement le milieu » pouvaient être mis en cause. Ces facteurs, liés à l’activité humaine (rejets d’eaux usées, pollution dans les ravines, activités dans les ports…), pourraient augmenter l’efficacité de la chasse des requins.

Ils ont plus de mal à se nourrir
Beaucoup s’accordent sur le fait que les poissons pélagiques (qui vivent entre la surface et le fond, comme le hareng, la sardine, le maquereau, le thon…) se raréfient à cause de la pêche. Or, ces poissons sont la nourriture principale des grands requins, qui sont alors obligés de se rapprocher de la surface pour se nourrir. Cette réalité serait renforcée par certaines pratiques de pêcheurs, qui ne rejettent pas leurs carcasses de poissons assez loin des côtes, et la création d’une Réserve marine en 2007, qualifiée de « garde-manger » par le député-maire de Saint-Leu, Thierry Robert. « Un raisonnement spéculatif qui ne repose sur aucun élément objectif »,  d’après le Conseil scientifique de la Réserve.

Leur nombre augmenterait
« Le nombre de requins semblent être en légère augmentation, d’après les constatations des pêcheurs locaux, mais nous n’avons pas de données objectives pour le moment », indiquait à l’Express l’océanographe Bernard Séret, chercheur à l’IRD. Seule certitude : le nombre d’observations de requins croît, d’après le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de La Réunion, qui expliquait dans un communiqué du 5 juillet dernier : « 8 observations ont été signalées depuis le 8 mai dernier, date de la dernière attaque mortelle, contre 3 à 4 observations mensuelles en moyenne. »

Les humains seraient imprudents
Baignade tardive, eau trouble, zone dangereuse, transgression des indications… la responsabilité des baigneurs n’est pas à écarter. Le surfeur de 36 ans mort en mai dernier s’était ainsi baigné alors que le drapeau orange « requin » était dressé, que l’eau était chargée et que la houle était importante.

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