Protections intimes, sait-on vraiment ce que nous achetons ?

A l’été 2015, Marie Doerflinger a mis le feu aux poudres en lançant une pétition pour réclamer une transparence totale sur la composition des tampons et protections hygiéniques. Son appel réunit aujourd’hui plus de 255 000 signatures, demandant à Tampax, leader de la protection intime, de lever le mystère sur les composants de leurs produits.

En effet, de nombreuses enquêtes, médiatiques ou ministérielles, ont permis de révéler la présence d’allergènes, de parfums agressifs ou de polluants dans ces produits, utilisés mensuellement et au plus près de l’intimité féminine.

Dans les années 80 déjà, le scandale éclate avec un documentaire de « Word in Action » sur la présence de chlore, agent blanchissant qui pourrait s’avérer toxique, dans les tampons. « Un vrai travail scientifique a été réalisé avec ce documentaire, explique Susie Hewson, fondatrice de la marque de protections intimes Natracare. Je me souviens avoir été choquée d’apprendre tout cela. Il fallait proposer une alternative, qui n’existait pas sur le marché ». Vivant alors en Suède, elle commence à faire des recherches pour créer cette alternative, en contactant des producteurs de coton bio. « J’ai développé mon idée et rencontré un chimiste qui travaillait sur un tampon uniquement réalisé à partir de coton », ce qui n’était plus le cas chez les grandes marques, ajoutant viscose, polymère et autres agents blanchissants comme du chlore – qui, au contact de la viscose forme une substance très toxique appelée dioxine.

« La prise de conscience a été longue et difficile. En 1993, nous avons commencé à être distribués aux Etats-Unis et j’ai reçu de nombreuses lettres de puissantes marques qui voulaient me faire taire, car parler de dioxine et de choc toxique commençait à avoir un impact négatif sur leurs ventes », développe-t-elle. Aujourd’hui encore, ces grandes compagnies de protection intimes restent réticentes à l’affichage de la composition de leurs produits, n’étant soumis à aucune contrainte légale.

Natracare, elle, affiche une transparence totale, avec des tampons en coton bio du Kirghistan, fabriqués en Allemagne, sans plastique, ni chlore ou parfum déodorant qui pourraient entrainer des irritations des parois intimes ; dont 8 millions de Françaises souffrent chaque année.

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