Quand le mobilier pollue l’air intérieur

Avec le tabagisme, les produits d’entretien et les peintures, les meubles font partie des principales sources de pollution de notre air intérieur. « Les matériaux utilisés pour la conception des produits d’ameublement peuvent être collés, peints, teints, vernis, cirés, traités contre les départs de feu, les salissures, les insectes, les champignons, les acariens… », explique l’Anses ; autant de matériaux qui peuvent émettre des substances volatiles ou semi-volatiles aux effets toxiques (irritations, vertiges, maux de tête, risques de cancer…).

Aérer quotidiennement et acheter du mobilier sain
Dans un rapport publié en septembre 2015, l’Agence a identifié « au moins 661 substances potentiellement émises par les produits d’ameublement » dont 41 d’intérêt et 31 prioritaires. Parmi elles : le benzène, les phtalates ou le formaldéhyde, classé parmi les produits cancérogènes pour l’homme depuis 2004. Or, on le retrouve dans de nombreux panneaux de bois aggloméré (parquet, bibliothèque, étagères, bureau…) ou dans la colle servant à fixer un revêtement de sol, comme une moquette.

Le problème, c’est que nous passons 80 à 90 % de notre temps enfermés au bureau ou à la maison, et que nous sommes donc en contact avec ces composés. Pour l’Anses, la priorité est de limiter au maximum notre exposition à ces substances en aérant les pièces quotidiennement mais aussi en s’équipant intelligemment. Certaines marques, comme Pinolino ou Combelle, s’engagent à fournir du mobilier sain, issu de bois massif (et non aggloméré), peint sans substance toxique et traité avec des produits naturels (huile, cire, baume à la cire d’abeille). Pour les repérer, il est nécessaire de se renseigner et surtout de bien étudier les étiquettes.

Un étiquetage obligatoire d’ici 2020
Première conseil : se fier aux labels qui certifient le mobilier écologique. Il existe par exemple CertiPUR, qui garantit qu’aucun métaux lourds n’a été utilisé, Oeko-Tex, pour les textiles sans substances indésirables, ou l’Écolabel Européen, pour une pollution de l’air intérieur réduite.
Une autre manière de limiter son exposition aux COV (composés organiques volatils) est aussi d’aérer son intérieur (été comme hiver, au moins 10 minutes le matin et 10 minutes le soir), mais surtout de ne pas installer ses meubles tout de suite à l’intérieur. Le formaldéhyde, par exemple, est un gaz qui atteint son pic de toxicité à l’ouverture des cartons. Un de ses rares avantages est d’être détectable par l’odorat (odeur âcre et piquante). Pour limiter notre exposition, il est donc préférable d’ouvrir ses emballages à l’air libre et d’attendre quelques jours avant de les installer.

Enfin, sachez qu’un étiquetage des émissions en polluants volatils est déjà en place sur les produits de construction et de décoration (revêtements de sols, isolants, peintures, vernis, colles…). Leur niveau d’émission est indiqué par une classe allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions).

Un système similaire sera obligatoire pour tous les produits d’ameublement d’ici 2020.

Photo : goodluz / fotolia

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