Que peut faire Trump contre le climat ?

« Je ne crois pas au changement climatique […] C’est juste de la météo. » Avec de tels propos, prononcés sur la chaîne CNN le jeudi 24 septembre, Donald Trump, alors en campagne pour l’élection présidentielle américaine, affirmait sa position de climatosceptique. En effet, pour le milliardaire américain, le dérèglement climatique est un « canular », « un concept inventé par et pour les Chinois afin de rendre les produits américains moins compétitifs », pouvait-on déjà lire sur son compte Twitter en 2012. Un an avant son élection, il écrivait à nouveau : « Il fait vraiment froid dehors, ils disent que c’est un réchauffement majeur, plusieurs semaines à l’avance. Eh bien, on pourrait utiliser une bonne grosse dose de réchauffement climatique ! » Une boutade qui ne l’empêchera pas de gagner l’élection, faisant de lui le prochain président des États-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre.

Donald Trump souhaitait annuler l’accord de Paris

Lors de sa campagne, Donald Trump a affirmé sa volonté de revenir aux énergies fossiles, notamment en relançant les centrales électriques au charbon. Il accuse également les énergies vertes d’être inefficaces et dangereuses, et assure que les ampoules basse consommation sont cancérigènes. Son hostilité à l’accord de Paris, signé lors de la COP 21 et entré en vigueur début novembre, ne fait que renforcer sa position sur le climat.

L’article 28 de cet accord fixe les conditions de sortie : tout pays souhaitant dénoncer l’accord doit attendre trois ans à compter de son entrée en vigueur, puis respecter un préavis d’un an, avant de s’en libérer effectivement. Néanmoins, selon ce même article, une partie ayant dénoncé la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) -en vigueur depuis 1994, donc plus de 3 ans- « sera réputée avoir dénoncé également le présent accord [de Paris] » et pourra par conséquent en sortir dans un délai d’un an.

L’inaction comme alternative

Une hypothèse qui ne sera peut-être même pas nécessaire à Donald Trump. En effet, l’accord de Paris sur le climat n’étant pas contraignant, rien n’oblige le président élu à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28 % d’ici 2025.

Présent au Conseil économique, social et environnemental le 23 novembre, Jean Jouzel, climatologue et vice-président du groupe de travail scientifique du GIEC (co-lauréat du prix Nobel de la Paix en 2007), s’alarmait : « La communauté scientifique américaine est très soucieuse du devenir de la science sur le climat dans le contexte Trump »

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