Réconcilier les hommes et les loups

Faut-il craindre le loup ?
Les attaques contre l’homme sont rarissimes ! Ces quarante dernières années, aucun incident n’a été signalé en Europe. Généralement, c’est même plutôt le loup qui a peur de nous.

Alors comment expliquer qu’il soit encore mal-aimé ?
On a toujours pensé que la cohabitation entre les animaux sauvages et les hommes était impossible. Dans les années 30, le loup était considéré comme un nuisible qu’il fallait chasser, empoissonner, piéger. C’est comme cela qu’il a disparu. Sans grands prédateurs à redouter, les éleveurs ont pris l’habitude de laisser paitre leurs bêtes sans surveillance. Mais depuis le retour du loup, les choses ont changé. Ils doivent adopter de nouveaux modes de gestion. Bien sûr, je comprends leur ras-le-bol quand ils se réveillent le matin et constatent que des attaques ont eu lieu la nuit. Mais en entamant de vraies discussions et en changeant les uns et les autres nos habitudes, la situation pourrait s’améliorer.

C’est-à-dire ?
Avec le recul, on se rend compte que les mesures de protection utilisées jusqu’ici ne marchent pas à tous les coups : certains loups sautent les clôtures, d’autres n’ont pas peur des chiens de bergers. Il en va de même pour les mesures d’élimination : lorsque l’on abat trop de loups, leur reproduction est plus importante l’année d’après. A mon sens, il faut plutôt « dégouter » le loup pour l’empêcher de s’attaquer aux moutons. Les tirs d’effarouchement le décourageront, et il passera le message à sa meute de ne pas revenir au même endroit. Il faut continuer à travailler avec les éleveurs pour rendre sa présence moins nuisible.

Justement, où le trouve t-on aujourd’hui en France ?
Il a commencé par revenir naturellement dans les Alpes du sud, dans le parc du Mercantour. Il s’est ensuite installé dans d’autres régions : les Alpes, le Jura, les Vosges, les Pyrénées et le Massif Central. Sa présence a récemment été constatée en Haute-Marne, à moins de 200 km de Paris. Tout cela est bien sûr très positif pour la biodiversité sauvage, car le retour du loup va permettre de la rééquilibrer (certains herbivores comme les cerfs ou les chevreuils devenaient trop présents), mais la population reste fragile : on compte environ 300 loups sur notre territoire, ce qui n’est pas assez pour revenir sur le statut de protection. Il faut donc poursuivre le travail. Reste à savoir si nous sommes prêts à nous réconcilier avec la nature.

Actuellement en salles : « Le dernier loup » de Jean-Jacques Annaud


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