Saisies d’ivoire : ça n’en finit pas

Au début du mois de juin, les douaniers ivoiriens ont annoncé une lourde saisie d’ivoire ; la plus importante depuis dix ans. « Les 24 défenses d’éléphants pesant 150 kg étaient dissimulées dans un car de transport en commun en provenance du Nigeria. Une fois à la frontière ghanéenne, le colis illicite devait être transporté par pirogue puis emprunter l’une des dizaines de pistes villageoises contournant les postes de douane pour être enfin acheminé à Abidjan », a confié un agent des douanes à l’AFP.

Pour Stéphane Ringuet, chargé du programme « TRAFFIC » du WWF France : « C’est beaucoup, mais juste après cette saisie en Côte d’Ivoire, il y en a eu une autre au Cameroun, et les douanes françaises ont également saisi de l’ivoire par deux fois sur le territoire. » En effet, au mois de mai, 212 kg ont été découverts au siège d’une société de la région parisienne, dissimulés au milieu du stock commercial, sans aucun document permettant d’en justifier l’origine et la détention légales. Quelques jours plus tard, au contrôle de bagages de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, 26 pièces de défenses d’éléphants (142 kg) ont été retrouvées dans les affaires d’un passager en provenance d’Angola et à destination du Vietnam.

« Toute l’année, cela existe ! Ces saisies sont recensées par le programme ETIS (Elephant Trade Information System). Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg », déclare Stéphane Ringuet, lucide quant au fait que les saisies ne représentent qu’une partie du trafic global. « Ce qui est plus important que les chiffres, c’est qu’un peu partout en Afrique, le taux de braconnage dépasse le taux de renouvellement naturel des populations sauvages. Si on veut qu’il y ait des éléphants demain, il faut que cette balance soit au bénéfice du renouvellement. »

Malheureusement, l’ivoire reste utilisé comme ingrédient de base pour la médecine traditionnelle chinoise ou pour l’ornement. En valeur, le trafic d’espèces de faune et de flore fait partie des plus grands commerces internationaux illégaux, après ceux de stupéfiants, d’armes et d’êtres humains.

Si vous souhaitez ramener un souvenir en ivoire de vos vacances cet été, attention : « La consigne est extrêmement claire : quand on ne sait pas, on n’achète pas, rappelle l’expert du WWF France. Avant de partir, il faut se renseigner auprès des autorités locales ; qu’il s’agisse d’ivoire, de coquillages, de carapaces de tortues ou de plantes. Le plus souvent, ces espèces sont surveillées et font l’objet de contrôles internationaux. »

Photos : WWF France 

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