Stop à la pollution lumineuse !

D’abord la pédagogie, ensuite la coercition. L’arrêté du 25 janvier 2013 qui réglemente le fonctionnement des dispositifs d’éclairage des bâtiments non résidentiels entre en vigueur ce 1er juillet, mais l’idée est de « faire preuve de progressivité dans la sanction » avant de distribuer les amendes de 750 euros prévues pour les contrevenants, explique le ministère de l’Ecologie. Le dispositif est relativement bien accueilli, même si certains rappellent que les éclairages peuvent s’avérer sécurisants pour les piétons, ou que les enseignes publicitaires lumineuses (qui doivent s’éteindre moins longtemps – entre 1 heure et 6 heures – depuis le 1er juillet 2012) posent plus de problèmes.

De nombreuses villes ont déjà fait des efforts pour limiter la consommation de lumière, comme Kaysersberg, Saumur, Haguenau ou Sainte Marie de Ré qui ont reçu le label « Villes et Villages Étoilés ». Cette récompense pour les communes qui agissent pour la qualité de la nuit séduit même de plus en plus. « Nous enregistrons avec plaisir une progression quantitative de 145 % en un an. Nous relevons également avec intérêt que des villes de plus de 5 000 habitants, jusqu’à 35 000 habitants, rejoignent désormais le concours ; c’est l’un de nos objectifs. Nous sommes convaincus que ce mouvement va se prolonger dans les années à venir », assure l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes.

Au-delà des économies d’énergie et des économies financières réalisées (200 millions d’euros, soit la consommation annuelle d’électricité de 750 000 ménages), l’extinction des lumières permet de préserver la biodiversité (64 % des invertébrés et 28 % des vertébrés vivent en partie ou exclusivement la nuit). « Les éclairages artificiels nocturnes peuvent constituer une source de perturbations significatives pour les écosystèmes, en modifiant la communication entre espèces, les migrations, les cycles de reproduction ou encore le système proie-prédateur », indique le ministère de l’Ecologie, tout en rappelant que la lumière artificielle peut également perturber notre sommeil. En mai dernier, l’association Noé Conservation avait ainsi proposé une charte pour aider les communes à adapter leur éclairage public.

Mais que les émerveillés des décorations de Noël se rassurent : le texte prévoit la possibilité pour le préfet d’accorder des dérogations pour la veille des jours fériés chômés, la période des illuminations de Noël, lors d’événements exceptionnels à caractère local, ou dans des lieux présentant un intérêt touristique.

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