Un plan d’urgence pour la qualité de l’air

En 2011, 12 millions de Français ont vécu dans des zones où la pollution aux particules fines, émises par les pots d’échappements des voitures mais aussi par le chauffage au bois, l’industrie et l’agriculture, excède les normes européennes. Ces dépassements récurrents dans une quinzaine d’agglomérations pourraient prochainement valoir à la France, visée par un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne, de lourdes sanctions financières. Pour y remédier, un "plan d’urgence" en 38 points a été adopté en février dernier à l’issue d’une réunion du Comité interministériel sur la qualité de l’air. Principale cible du gouvernement ? Les six millions de véhicules anciens qui contribuent selon lui à " environ 30% des émissions de particules des véhicules particuliers et 20% des émissions d’oxydes d’azote ".

Une étude va ainsi être lancée pour permettre d’identifier les véhicules les moins polluants, globalement les plus récents, qui seront les seuls autorisés en cas de pic de pollution. Une mesure jugée " anecdotique " par l’association France Nature Environnement (FNE). " Une mesure plus efficace serait de réserver l’accès des centres-villes aux véhicules les moins polluants à l’année, comme cela se fait à Berlin ", selon son porte-parole Benoît Hartmann. L’association 40 millions d’automobilistes met, elle, en garde contre tout " clivage social ", les véhicules les plus polluants appartenant aux plus modestes. Et plaide pour " une politique d’incitation au renouvellement des véhicules par le biais d’une prime à l’achat d’une auto d’occasion plus récente et moins polluante ".

Autre possibilité évoquée dans le plan d’urgence du gouvernement : réduire la vitesse sur certains axes routiers très fréquentés. La mairie de Paris, qui souhaite réduire la vitesse de 80 à 70 km/h sur le périphérique parisien, a salué une annonce qui va selon elle " dans le bon sens ". Sur la question ultra-sensible d’une hausse des taxes sur le diesel, classé comme cancérogène certain par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, a renvoyé le sujet aux conclusions du comité pour la fiscalité écologique mis en place fin 2012. Parmi les autres mesures figurent l’incitation au covoiturage, le développement des véhicules électriques en ville, mais aussi des initiatives pour réduire les émissions industrielles.

L’enterrement du projet de zones d’actions prioritaires pour l’air (Zapa), c’est-à-dire des zones excluant les véhicules les plus polluants, initiées par le précédent gouvernement en 2011, a quant à lui été confirmé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Spam protection by WP Captcha-Free