Une nouvelle charte sur l’éclairage public

En France, l’éclairage public est responsable de 4 % des émissions totales de gaz à effet de serre. A lui seul, il représente également 38 % de la facture d’électricité des villes. « Adapter l’éclairage public pour limiter les impacts sur la biodiversité, contribuer au bien-être des citoyens et augmenter l’efficacité énergétique tout en économisant l’argent public, c’est possible », assure Arnaud Greth, président de Noé Conservation.

Avant même d’économiser l’énergie dépensée par les points lumineux, l’idée est d’identifier les espèces perturbées par l’éclairage. 64 % des invertébrés et 28 % des vertébrés vivent en partie ou exclusivement la nuit. En France, on recense 257 espèces de papillons de jour contre 5 200 espèces de papillons de nuit, soit 95 % des espèces de papillons qui sont nocturnes ! Au Muséum national d’histoire naturelle, Romain Sordello, chef de projet et membre du comité d’experts associé à la préparation de cette charte, explique que la pollution lumineuse pénalise certaines espèces tout en profitant à d’autres : « Dès lors, privilégier certains types de luminaires et de longueurs d’onde est un choix délicat ».

Construite en partenariat avec l’Ademe et Bouygues Energie & Services, la charte de Noé Conservation propose en dix points d’accompagner les services techniques des communes et communautés d’agglomération tout au long du processus d’adaptation de leur éclairage public.
Les engagements seront progressifs :

Etape 1 
1) Découvrir la biodiversité et l’environnement nocturnes au niveau local. Mieux connaître et inventorier la biodiversité.
2) Intégrer toutes les parties-prenantes au schéma d’éclairage public de votre commune. Impliquer l’ensemble des acteurs techniques, politiques et autre intervenant lors de la mise en lumière.
3) Identifier des zones propices et/ou stratégiques pour favoriser la mobilité et le développement des espèces.

Etape 2
4) Mettre en place des systèmes économes en énergie et en assurer la bonne maintenance. Optimiser les consommations des dispositifs existants et proposer des technologies plus sobres.
5) Limiter le halo lumineux de la commune. Travailler l’orientation du flux lumineux en prenant aussi en compte les facteurs accentuant le halo lumineux (pollution, etc.).
6) Adapter le spectre lumineux de l’éclairage. Prendre en compte les impacts de certains spectres lumineux sur les espèces nocturnes.
7) Mettre en place une temporalité de l’éclairage public. Prendre en compte les cycles journaliers et saisonniers des espèces diurnes et nocturnes tout en intégrant les contraintes nécessaires à la sécurité des habitants.
8) Recycler le matériel et le confier dès que cela est possible à un éco-organisme. Réduire l’impact environnemental du produit en fin de cycle.

Etape 3
9) Mettre en place une démarche pédagogique auprès des citoyens et des intervenants et partenaires sur l’éclairage durable. Favoriser le changement de comportements éco-citoyens.
10) Diffuser les bonnes pratiques d’éclairage durable de la commune. Renforcer et valoriser la nouvelle politique environnementale de la commune.

La charte débouchera sur un guide technique publié cet été, date à laquelle l’arrêté sur l’éclairage des bâtiments non résidentiels entrera en vigueur. Les villes de Paris et de Niort ont déjà manifesté leur intérêt pour ce nouvel outil.

Crédit photo : © Beboy – Fotolia.com

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